Le choix de la rédaction

ÉDITO

Jeu de mains, jeu de vilains

siphra « Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. » C’est sur ce véritable plaidoyer en faveur de l’amour qu’Alfred de Musset clôture l’acte II de sa pièce On ne badine pas avec l’amour, en citant les mots écrits par George Sand, son ex-amante passionnée. La morale inattendue de la fleurette contée par Musset émerge au milieu de la bataille à laquelle se livrent Camille et Perdican sur l’engagement religieux et amoureux : malgré le sens foireux de la vie et des liaisons, l’humain est fait pour s’amouracher. Et moi, tout cet amour, ça me fait penser à ce nouvel été qui s’annonce, et à notre nouveau numéro. Parce que la belle saison, celle des soirées interminables sous les étoiles et de la chaleur attendue des mois durant, est également celle des amourettes et des conquêtes. Il y a le temps des béguins de vacances et de colonies d’adolescence, celui des premiers émois où la moiteur de l’atmosphère n’a d’égal que les vapeurs des chairs, et puis vient aussi le moment des mariages, de celui de Meghan et Harry en ouverture de bal à celui de la cousine Chloé en passant par le renouvellement des vœux de la tante Ruth. L’été, c’est la saison de tous les possibles, des idylles d’un jour aux promesses de toujours. « Te quiero jusqu’à la mort », chante le phénomène en couverture de ce magazine, Stromae, comme un écho fortuit au prêche de Camille et Perdican. Alors faites-leur honneur en cette saison chaude : badinez, batifolez... et pincez-en sans limite pour celui qui saura vous aimer. So, love it ! Siphra M.

Trajectoire N° 123

target=

1992 – 2017 Un quart de siècle d’interviews, de rencontres et autres opinions. Des sujets éclectiques et instructifs mettant en lumière les artisans d’un savoir-faire à travers les différentes rubriques: de la mode, du design, de l’art, de la culture, de l’économie et de la finance, de l’horlogerie, de la joaillerie, de la beauté et bien d’autres encore.

100% d’abonnés à fort pouvoir d’achat
75% de rédactionnel
25 ans de glamour

Feuilletez-le!

Abonnez-vous!

Disponible en kiosque dès le 22 juin