Cet hiver, la galerie Laurent Marthaler nous propose une exposition collective haute en couleur de la scène artistique locale et internationale. A travers l’étonnante diversité des styles et techniques propres à chaque artiste, les oeuvres se côtoient en toute harmonie. Immersion.

Alchimie écrasante
Les peintures de Nicolas Bischof, dont des reproductions photographiques servent de départ, se réfèrent à l’histoire de l’art, en particulier à la peinture française. Dans une atmosphère érotique ambivalente, des femmes interagissent entre elles tout en ayant l’air d’être isolées. Elles évoluent dans une alcôve imaginaire structurant le tableau tout en partageant le même décor. Le peintre zurichois nous livre des scènes de vies intimes où les protagonistes semblent être disposés sur la toile, tel un collage.

Bras de fer
Assiste-t-on au repas de fin d’année des Hells Angels? Avec la série de photographie Gangster, l’artiste allemand Bjoern Thomas revisite la Cène en mettant à table des détenus narco-trafiquants d’un pénitencier de Los Angeles. Cette combinaison entre réalité et fiction donne naissance à une nouvelle vision mettant de côté le passé criminel des protagonistes et force le spectateur à se focaliser davantage sur l’individu. Il crée ainsi des images fortes dont la mise en scène ne laisse personne indifférent.

Bouffée d’oxygène
A l’aide de son aérographe, Crystel Ceresa nous emmène dans une douce brume esquissant les courbes d’une femme dont on ne voit que le somptueux buste. Les tons évoquent un négatif de photo dont la chaleur apporte encore plus de sensualité à l’oeuvre. Ces portraits habilement peints vont bien au-delà de l’esthétisme pur, ils évoquent l’histoire de l’art dans toute sa splendeur, allant des iconographies byzantines aux vanités baroques. Toujours dans des tons audacieux, ces tableaux empreints de lumière aux formats imposants sont à la fois doux et poétiques.

Changement d’état
Niclas Castello, l’un des artistes contemporains les plus respectés au monde, a détruit ses propres oeuvres d’art afin d’en créer de nouvelles. Ainsi sont nés en 2017 ses Cube Paintings, des peintures devenue sculptures. Ses toiles spécialement créées pour cette occasion sont prisonnières d’un cube de plexiglas sur mesure, fermé par des vis en or 24 carats. On ne verra jamais entièrement la toile, ce qui apporte une touche de mystère à ses oeuvres dont le but a pour ambition de faire réfléchir sur le processus de destruction et création, mais aussi redéfinissent la relation entre la peinture et la sculpture.

Electron libre
Solidement établi dans le mouvement Pop Surréaliste, Alex Gross ne cesse de nous éblouir avec ses huiles sur toiles ayant pour thème la mondialisation, le commerce, la beauté, le sombre chaos ou encore le passage impitoyable du temps. Ses oeuvres sont le miroir de notre société actuelle avec une pointe d’ironie très appréciable. Son interprétation de notre monde lui vaut d’être souvent présenté dans de nombreuses publications telles que Pop Surréalisme, Juxtapoz, Los Angels Magazine, Arts Communication, XFUNS et The Los Angels Times. Dans mirror (after tooker), il substitue le miroir par un iPhone, une évocation direct aux millennials, où le selfie tient une place primordiale.

Pesant d’or
Sur une déclinaison de dessins représentant des dés, viennent se poser délicatement des feuilles d’or. Sur chaque faces de ces cubes, un scarabée dessiné à la perfection se substitue à un cercle d’or. Elizabeth Waggett se penche sur la relation qu’entretient l’humanité avec le consumérisme ambiant. Elle n’utilise que de l’or et des métaux précieux éthiquement certifiés, qu’elle décline en différente nuances. Titulaire d’un doctorat en design, l’artiste britannique crée des composition équilibrée et insuffle une atmosphère graphique épurée dans son oeuvre.

Photosynthèse lyrique
Thierry Feuz ne cesse de réinventer les fleurs. Dans une semi-abstraction, elles deviennent aquatiques ou stellaires. Plus on s’approche d’elles, plus elles se font abstraites. Ses peintures aux couleurs vibrantes sont issues d’un mélange d’acrylique et de laque. Son interprétation de la nature nous aspire dans un monde aux accents psychédéliques résolument modernes. Sur un fond d’un blanc immaculé, les fleurs se parent de couleurs vives d’une élégance contemporaine.

Nickel Chrome!
Christophe Bregnard, pour qui la sculpture n’a jamais été un choix mais une nécessité, nous livre une sculpture murale aux formes organiques. Sa peinture irisée rappelle le velours d’un pétale d’orchidée blanche. Ses courbes évoquent également le pavillon d’une oreille semblant prête à recevoir un doux murmure. Avec une volonté de faire écho à la précision et à l’harmonie de la nature, l’artiste jurassien numérise sa pièce préalablement créée. Ses oeuvres sont recouvertes de sept couches de laque, rendant les surfaces lisses comme un miroir.

An overwhelming chemistry Jusqu’au 14 janvier 2018.

Laurent Marthaler Contemporary
Avenue Claude Nobs 2
CH – 1820 Montreux
T + 41 21 963 11 22
info@ laurentmarthaler.com
www.laurentmarthaler.com

A propos de l'auteur

Carine Bovey