8 février – 30 avril 2017

Commissariat: David Bielander et Carole Guinard, responsable de la collection de bijoux contemporains

David Bielander Garlic 2009 Pendentif Argent Edition de 12 Photo © Simon Bielander

David Bielander Garlic 2009 Pendentif Argent Edition de 12 Photo © Simon Bielander


Créateur suisse établi à Munich, David Bielander traduit en bijoux les objets de notre quotidien. Les éléments d’une chaise deviennent ainsi un collier de saucisses, des punaises de bureau les écailles d’une carpe koï, des capuchons de briquet des insectes volants. Sa pratique témoigne d’une intense attention aux objets et aux matériaux: l’artiste dit ainsi ne faire que «révéler» ce qui est déjà là – la saucisse dans la chaise, l’écaille dans la punaise – et en quelque sorte « écouter » les formes contenues dans les choses.

David Bielander Tortoise shell 2014 Bol Plateau ancien en étain, patiné Pièce unique Photo © Dirk Eisel

David Bielander Tortoise shell 2014 Bol Plateau ancien en étain, patiné Pièce unique Photo © Dirk Eisel

De nombreux animaux peuplent l’univers de David Bielander. Serpents, cochons, éléphants, limaces ou crevettes : ils ne l’intéressent pas tant pour leur symbolique mais davantage pour la reconnaissance immédiate qu’ils provoquent chez le spectateur. Par l’ambivalence et le jeu, c’est au moment où elles sont portées que ses créations s’activent véritablement : les broches-limaces semblent ramper vers les décolletés, les serpents onduler sur les nuques… Parfois complexes ou de taille inhabituelle, ce sont néanmoins des bijoux à part entière, qui sont conçus pour être portés ; ils sont le plus souvent fabriqués en petite série, parfois en tirage illimité.

Elève du bijoutier suisse Otto Künzli dont il a hérité une forte approche conceptuelle, David Bielander utilise les matériaux de manière à la fois extrêmement précise et très libre. Il joue des textures et des couleurs pour obtenir les effets d’illusion provoqués par ses pièces. Terme souvent utilisé pour désigner sa pratique, l’illusion n’est cependant pas une fin en soi, mais correspond plutôt à une forme d’humour qui initie à la fois un dialogue et une réflexion.

Au mudac, David Bielander présente l’ensemble de son travail depuis 1996. Placée à l’entrée de l’exposition, une étrange machine interactive donne le ton : elle produit un petit anneau de fumée que le visiteur enferme dans un étui acheté à l’accueil du musée et qu’il emporte avec lui. Entre illusion et croyance impossible à vérifier sans risquer de laisser disparaître l’anneau, cette pièce témoigne des multiples niveaux de lecture de ses oeuvres.

David Bielander Cardboard (Heart) 2016 Bracelet Or, jaune et gris Edition de 12 Photo © Dirk Eisel

David Bielander Cardboard (Heart) 2016 Bracelet Or, jaune et gris Edition de 12 Photo © Dirk Eisel

Un peu plus loin, c’est au maître de la peinture allégorique et portraitiste du 16e siècle Giuseppe Arcimboldo qu’il rend hommage. Reprenant le principe du portrait par assemblage d’objets, en collaboration avec le photographe bâlois Simon Bielander, il compose son visage avec des photographies de ses créations ; les bijoux réels sont quant à eux exposés dans le même espace.

Une nouvelle série de pièces appelée « Carton » questionne directement les notions de valeur habituellement attachées aux matériaux du bijou. Rejouant des formes bricolées de l’enfance ou du système D, des bracelets et des couronnes en carton ondulé agrafé sont en réalité fabriquées par lui en or ou en argent patiné. Contrefaçons à contre-courant, cette série se décline encore dans des objets mimant les emballages en papier kraft utilisés pour la boulangerie ou pour cacher des bouteilles d’alcool en public – manière de dire, une fois encore, le décalage et le questionnement suscités par les créations de David Bielander.

Au mudac, David Bielander présente l’ensemble de son travail depuis 1996. Placée à l’entrée de l’exposition, une étrange machine interactive donne le ton : elle produit un petit anneau de fumée que le visiteur enferme dans un étui acheté à l’accueil du musée et qu’il emporte avec lui. Entre illusion et croyance impossible à vérifier sans risquer de laisser disparaître l’anneau, cette pièce témoigne des multiples niveaux de lecture de ses oeuvres.

Un peu plus loin, c’est au maître de la peinture allégorique et portraitiste du 16e siècle Giuseppe Arcimboldo qu’il rend hommage. Reprenant le principe du portrait par assemblage d’objets, en collaboration avec le photographe bâlois Simon Bielander, il compose son visage avec des photographies de ses créations ; les bijoux réels sont quant à eux exposés dans le même espace.

Une nouvelle série de pièces appelée « Carton » questionne directement les notions de valeur habituellement attachées aux matériaux du bijou. Rejouant des formes bricolées de l’enfance ou du système D, des bracelets et des couronnes en carton ondulé agrafé sont en réalité fabriquées par lui en or ou en argent patiné. Contrefaçons à contre-courant, cette série se décline encore dans des objets mimant les emballages en papier kraft utilisés pour la boulangerie ou pour cacher des bouteilles d’alcool en public – manière de dire, une fois encore, le décalage et le questionnement suscités par les créations de David Bielander.

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