Par Melina Staubitz | Photo Julia Wesely

Khatia Buniatishvili, c’est un nom imprononçable, mais bien connu du microcosme de la musique classique internationale, une sensualité à couper le souffle et une tignasse bouclée qui s’agite frénétiquement au gré des mouvements de ses doigts sur le piano. Quand elle joue, elle transporte ses auditeurs à sa suite dans une transe impressionnante et touchante qui semble mobiliser toutes les fibres de son corps. La jeune pianiste confirme : « J’inclus tout mon corps pour jouer, afin de devenir immatérielle à travers l’abandon physique.» Les concerts réussis sont ceux où elle oublie tout pour se laisser emporter par la musique. Indomptable et passionnée, celle qui «écoute les partitions comme si les compositeurs les avaient écrites pour elle» est parfois critiquée pour la fougue de ses interprétations très personnelles, et souvent adulée pour sa virtuosité. A 28 ans, elle peut se vanter d’avoir déjà 22 ans de carrière derrière elle (elle a fait son premier concert à 6 ans) et plusieurs récompenses à son actif. En 2008, la troisième place du concours Rubinstein de Tel-Aviv ainsi que le prix du public la propulsent sur le devant de la scène; sa nomination en tant qu’«étoile montante» pour la saison 2011-2012 par le Musikverein et le Konzerthaus de Vienne confirme ce que tous avaient deviné: on ne passe pas à côté de Khatia Buniatishvili. Sollicitée par les grands noms, elle se produit régulièrement avec le violoniste Renaud Capuçon ou Gidon Kremer – ce qui ne l’a pas empêchée de ne pas en croire ses oreilles lorsque Chris Martin lui a lancé un coup de fil pour lui demander sa participation sur le dernier album de Coldplay. Mais sa plus ancienne partenaire reste sa sœur Gvantsa, avec qui elle a découvert le piano. Aujourd’hui, leurs duos au piano quatre mains rappellent une enfance passée en Géorgie entre la brutalité du quotidien et «l’idée de lendemains meilleurs» cultivée par un environnement familial musical et littéraire. La mère de Khatia a été sa première professeure de piano, relayée en 2003 par le pianiste russe Oleg Maisenberg, qui convainc la jeune femme d’étudier avec lui à l’Académie de musique de Vienne.
Depuis, la virtuose a sorti plusieurs albums et vit à Paris, «parce que c’est Chopin, Liszt, la Belle Epoque. Et puis c’est une ville cosmopolite.» Oh, et a-t-on mentionné qu’elle parle cinq langues? —

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