Clint Eastwood

Le magazine

TRAJECTOIRE, c’est près de 180 pages de plaisir: mode, design, horlogerie, automobile, mais également actualité, politique, faits sociétaux, rencontres exceptionnelles et reportages aux quatre coins du monde. De la qualité, de la nouveauté et de l’élégance, telle est la devise de la rédaction. Pour chaque numéro, des plumes de renommée spécialisées dans leurs domaines rédigent des articles qui couvrent tous les aspects de l’actualité, avec une préférence pour les sujets inédits et les points de vue originaux.

Numéro 1 des magazines en Suisse romande, TRAJECTOIRE, c’est 24’000 exemplaires pour plus de 20’000 abonnés payants en Suisse francophone.

Edito N°121

REPAS DE FAMILLE

Johnny a éclipsé la mort de Jean. Mais Jean ne lui en tiendra pas rigueur. L’écrivain déclarait lui-même sur le plateau d’Ardisson en 2008 « qu’il était très mauvais pour un écrivain de mourir en même temps que Piaf »…

Ironie de la mort. Lazzi du calendrier. Johnny. Jean. Deux médiatisations.

A l’image du dernier titre d’Orelsan, « Défaite de famille », ou de Festen, drame familial primé il y a quelques années à Cannes, on est consternés par le vaudeville Hallyday.

La liste est pourtant longue des célébrités dont l’héritage a généré des conflits et des guerres de position proportionnelles à l’argent à gagner, mais devant cette « commedia dell’arte », on s’aperçoit que la vox populi est devenue une arme presque plus importante que les tribunaux dans notre société ultra-médiatisée.

De la lettre « Cher Papa » envoyée intentionnellement par Laura à l’Agence France-Presse au dernier cas Hulot – ni coupable ni blanchi, puisque pas formellement accusé –,
il restera, comme le déplore l’avocat Henri Leclerc, une condamnation à une sorte de « suspicion » à perpétuité envers la veuve « abusive » et le ministre « vert ».

Se pose alors la question du #fautiltoutdéballerenpublic ? Vaste sujet. On soulignera juste que toute révolution porte sa part de bruit et de fureur, et que ce qui risque d’arriver, c’est une société où les victimes n’iront plus saisir la justice, mais commenceront
à balancer en frappant haut et fort.

Alors, cher Jean, dans ce siècle où « règne le ressentiment », on se rappellera avec délice que la gaieté est une politesse.

Dans ce monde 2.0 où chaque mot est retranscrit à tort et à travers, on n’oubliera pas que vous pratiquiez à merveille cet art en voie de disparition qu’est la conversation !

Dans cet ouragan féministe ambiant, on se souviendra qu’en 1979, vous avez eu l’idée « loufoque » de faire entrer une femme sous la Coupole en faisant fi des plaisanteries graveleuses de vos condisciples.

Vous qui aimiez le soleil, la mer, les jolies femmes, la politique, l’art des mots, vous aviez beaucoup de dons, mais surtout celui du bonheur.

Alors, parce que je n’ai pas pu vous rendre hommage avant et que votre dernier ouvrage me laissera orpheline de vos délicieuses dédicaces, je vous dédie ce premier numéro de l’année et je joins un billet d’humour que vous avez signé, où la drague n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.

So, love it !

Siphra M.