La galerie pact est heureuse de présenter la première exposition personnelle en Europe de l’artiste coréenne Lucy Kim, visible à la galerie du 27 avril au 16 juin 2017. L’essayiste et poétesse américaine Jennifer Nelson fait pacte avec l’artiste en livrant pour l’occasion un écrit sur son travail.

Chez Lucy Kim, chaque oeuvre amène deux différents éléments à se rencontrer et à n’exister qu’en un seul objet. Son procédé créatif reprend l’idée chère au courant surréaliste que l’usage de juxtapositions surprenantes permet de rompre les habitudes de l’esprit. En compressant ces contradictions en une seule expérience visuelle, l’artiste confronte le spectateur à des oeuvres hybrides, à mi-chemin entre sculptures et peintures, à travers une approche tactile de la vision.

Le double nous parle alors de la multiplicité présente dans une seule entité : extérieure, comme la dualité de l’esprit et du corps, mais aussi intérieure comme dans les théories freudiennes du ça, du moi et du surmoi.

Le mot «Stubborn» évoque l’obstination, dans la répétition acharnée d’une image comme dans l’insistance de l’autre dans tout, particulièrement dans nos perceptions de nous-mêmes et de la nature. Il évoque aussi notre habitude persistante à penser de manière binaire, habitude obsolète face à ces œuvres hybrides et polysémiques.

«Plus intéressant encore, ses surfaces en bas-reliefs —faites de plastique moulé d’après de vrais objets, puis manipulés—impliquent les bases mêmes de la nature morte: le concept d’image «d’après nature», ad vivum. Le moule en tant que format pousse jusqu’à ses limites le concept d’enregistrement ou de témoignage, paradoxe central et moteur de la nature morte. Parfois cet effet est subtil, comme lorsque les moules sont assemblés ; parfois le résultat est plus évident, comme lorsque les motifs séparés, en mosaïque, rompent avec le format rectangulaire de la nature morte.»

«Cette exposition réinsère l’action individuelle et artistique dans le cadre de la connaissance. La confusion d’une multitude de surfaces auto-évidentes, aux côtés de la répétition pseudo-algorithmique d’une forme distordue, réagit contre le mythe de la simulation célébrant une connaissance chaotique.»

Extraits de Maintenir visuel le visible: connaissant les «doubles-têtus» de Lucy Kim par Jennifer Nelson, pour pact, mars 2017

pact
Stubborn doubles, du 27 avril au 16 juin 2017
70 rue des Gravilliers
75003 Paris

Mardi – Samedi de 11h à 19h

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