amsler_defilejeanlucamsler2Originaire d’Argovie, Jean-Luc Amsler revendique son identité suisse, qui fait de lui un oiseau rare dans l’univers de la haute couture. Lui qui a commencé sa carrière sur les chapeaux de roues en collaborant avec les plus grands (Yves Saint Laurent, Christian Dior, Cartier, Scherrer et Courrèges) et s’est ensuite entouré de beaux noms (Isabelle Adjani et Jerry Hall ont été ses égéries) revient régulièrement à ses origines. C’est au Dolder Grand de Zurich, à l’occasion de la présentation de sa collection «Fétiche», qu’il nous a livré quelques confidences.

Interview Melina Staubitz

Vous dites aimer le moment où une femme s’habille pour le soir, lorsqu’elle travaille sur son pouvoir de séduction. Qu’est-ce qui vous inspire chez une femme ?
Sa liberté. Sa liberté totale et le fait qu’elle n’ait absolument pas peur d’exploiter sa féminité. Je ne comprends pas les femmes qui se bloquent dans une peur de s’exprimer elles-mêmes ;
c’est pour moi un non-sens. J’aurais adoré être une femme, parce qu’être un homme, c’est aussi avoir ce désir. En tant qu’homme, je romps certaines règles de la masculinité. Et je crée pour les femmes parce que c’est fascinant. Une femme, c’est une source d’inspiration sans fin.

De quoi tirez-vous votre inspiration ?
De mon observation générale de la société. Je pense que cette collection « Fétiche » est notamment une forme de liberté
par rapport à la rigidité actuelle. A mon avis, il faut absolument garder une grande liberté sur l’expression d’être, c’est primordial. Par exemple, prenons les attentats des derniers mois. Après des événements pareils, on peut penser que la mode n’a plus de sens, mais je crois que c’est tout le contraire. Quelle que soit la position sociale, tout le monde a besoin de rêver, et la démarche artistique est là pour ça. On ne peut pas vivre dans un monde où tout est dicté.

amsler_defilejeanlucamsler3Mettez-vous en avant votre identité suisse de manière intentionnelle ?
Oui, tout à fait. Sans fausse modestie, je suis, par mon parcours qui m’a amené là, le seul couturier suisse en activité. Je souhaiterais ouvrir une brèche. La Suisse n’est pas uniquement un pays de chocolats et de coucous. Il y a une sensibilité existante pour une autre forme d’expression, et je voudrais montrer
qu’on peut très bien travailler dans la rigueur et la qualité suisses tout en s’exprimant d’une façon beaucoup plus créative, et privilégier l’expression face au produit.

Quels sont vos projets ?
J’ai toujours plein de projets en tête ! En ce moment, nous sommes en train de créer le nouveau parfum, qui sera un parfum couture, très haut de gamme. Et puis je voudrais établir
un projet qui s’appelle Plateforme. L’idée est celle d’un lieu de vie à Barcelone, à la fois très technologique et très naturel – je vise l’extrême entre les deux. —

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