Quoi de prévu les 30 et 31 mai prochains? Foofwa d’Imobilité lance son nouveau projet triennal pour 2018-2020, intitulé GLocal. GLocal parce que la Cie Neopost Foofwa souhaite se tourner vers le monde, vers l’ailleurs, l’étranger, tout en cultivant son ADN, son identité, sa singularité.

Soulevant des questions éthiques et sociétales, GLocal se veut un projet de développement chorégraphique raisonné et durable, avec deux principales arborescences artistiques: les Dancewalks et DANSONgS. Forme hybride entre la course à pied et la danse, la Dancewalk se décline à l’infini selon le territoire qui l’accueille, tandis que DANSONgS , équivalent en danse de la chanson, convoque des territoires universels, celui du corps et celui de la poésie.

GLocal succédera au projet Utile/Inutile (2015-2017), qui s’est récemment achevé sur le succès d’ /Unitile lors de sa création au mois de mars à l’ADC – Salle des Eaux-Vives, ou encore en mai durant la Fête de la Danse suisse. Contraction de global et local, le terme GLocal exprime l’idée première de développement chorégraphique raisonné et durable, une philosophie voulue par Foofwa d’Imobilité, directeur artistique de la compagnie. A travers ses tournées, mais aussi à travers des échanges avec d’autres artistes, à travers l’accueil de ces artistes à Genève, ou encore la rencontre de ces artistes sur leur territoire, Neopost Foofwa ambitionne de développer des relations plus éthiques. Outre cet engagement moral et sociétal, GLocal s’articulera autour de deux grands pôles de création.

DANCEWALK
Créées en 2015 et déclinée depuis en de multiples variations ici et ailleurs, d’Afrique du Sud à la République populaire de Chine, en passant par la Russie, la Bosnie ou la France… Qu’elle soit d’envergure épique ou révélation du potentiel métaphorique d’un lieu, qu’elle s’inscrive dans des courses à pied officielles, qu’elle défie l’eau, qu’elle tourne autour de lieux qui ont eu une influence notable sur l’histoire de la danse ou qu’elle investisse par le corps nu une place publique, la Dancewalk est avant tout acte de liberté. Et, selon Foofwa d’Imobilité, elle est un défi à l’esthétique normative de la danse dans ses dimensions kinesthésiques, chorégraphiques et conceptuelles. Au niveau chorégraphique, la Dancewalk peut être considérée comme une redéfinition de la performance dans ses termes artistiques autant qu’athlétiques; mais aussi comme une métaphore de la destinée. En outre, elle inscrit la danse de manière géographique: on peut lire par exemple ses déplacements chorégraphiques grâce à un enregistrement GPS sur une carte.

La Dancewalk interagit avec le monde et la réalité dans une perméabilité rarement possible en danse ou sur scène, avec un «décor» défilant et changeant sans cesse; des centaines (parfois des milliers) de spectateurs, soit avertis soit accidentels; des dialogues réels avec les choses et les gens ; une relation immédiate avec l’imprévisibilité de la vie. Depuis 2017, les Dancewalks sont devenues plus sociales et politiques. En dialoguant étroitement avec les programmateurs, Foofwa prépare soigneusement et adapte chaque Dancewalk au lieu, à la ville, à ses habitants, au contexte où elles se déroule. Il collabore parfois avec des musiciens locaux. Et, sur place, il donne des ateliers à toute personne désireuse de dancewalker… L’aspect festif et libératoire de la Dancewalk lui permet aussi de s’affranchir des frontières entre l’art et le quotidien, entre son rôle de performer et celui des spectateurs. Puisque, ensemble, ils deviennent acteurs.

DANSONgS
Avec DANSONgS, il s’agit d’explorer une nouvelle forme chorégraphique, l’équivalent de la chanson en danse. De la même manière que la chanson allie paroles et musique, une “Danson” alliera la danse et le mouvement à l’expression verbale et chantée. Une Danson sera en quelque sorte une chanson de geste au sens littéral, faisant appel à la musicalité du corps comme véhicule et instrument principal. Ainsi, DANSONgS revient à l’essence d’un corps s’exprimant par la poésie des mots, du chant et du geste lors de la naissance de la chanson populaire dans la Grèce antique. Mais DANSONgS fait aussi écho à certaines danses des esclaves afro-américains du XVIIIe siècle, alors que les instruments de musique leur étaient interdits. Comme une chanson qui s’immisce à travers les ondes radio, DANSONgS veut créer une communication immédiate avec son auditoire. Une “Danson serait par conséquent une création poétique de courte durée, une forme simple autour d’une idée (une impression, un moment, une actualité), exprimée par l’expression gestuelle, verbale et chantée: le corps uniquement, sans instrument ou autre artifice.

La base de la Danson prendra la forme de solos, mais elle pourra aussi se décliner au fil des rencontres et de collaborations diverses avec l’autre, ici ou ailleurs, sous la forme de duos, de trios, voire de quatuors. Dès lors, on peut imaginer de multiples DANSONgS , dont certaines formeraient un recueil, un album. Sur scène, DANSONgS serait l’équivalent d’un concert, c’est-à-dire un récital de DANSONgS , adaptées pour une occasion, un lieu, ou encore une actualité. Le concept de DANSONgS trouvera sa place dans divers espaces intérieurs: une scène, une salle de concert, un studio, une galerie ou autre espace insolite et inattendu. Enfin, à l’image du scopitone ou du clip vidéo, DANSONgS verra aussi la réalisation d’un film, intitulé M’Barq . Coproduit avec l’ADC, la première de ce film se déroulera à la Salle des Eaux-Vives au mois de novembre prochain.6 M’Barq sera notamment conçu pour des représentations sous forme de ciné-concert, ou pour être un objet cinématographique en soi.

 

QUAND?
Première DANSONgS – Rencontre / Dancewalk – Rétroperspective
Les 30 et 31 mai à 18h30

OÙ?
Centre des arts / Auditorium / Ecole Internationale de Genève
Centredesarts.ch

Pour plus d’infos: www.foofwa.com

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