Gemme, 2016 95 x 90 x 90 cm fil de fer barbelé

Gemme, 2016 95 x 90 x 90 cm fil de fer barbelé

Abdul Rahman Katanani

Dans le cadre du FIFDH, Abdul Rahman Katanani présente des oeuvres emblématiques en tôle ondulée et en fil de fer barbelé, qui témoignent de la RESILIENCE de la vie des camps et de sa propre existence.

Olive Tree Forest, 2015 fil de fer barbelé et olivier

En écho à son exposition au Grütli, mounir fatmi montre les vidéos Darkening Process (au premier étage de la galerie) et History is not mine (en Video Street Art). Katanani utilise des matériaux «pauvres» pour ses sculptures – des matériaux trouvés, de récupération. Ce choix résulte d’un impératif, quand on oeuvre dans le contexte qui est le sien: né dans le camp de Sabra, à Beyrouth, il y vit et y travaille. Véritable oxymoron de violence et de paix, ses inquiétantes floraisons d’oliviers sont aussi un ferment de beauté et portent en elles le message de l’artiste: de l’absurdité de la vie des camps, extraire la joie et témoigner. Comme dans Un Merveilleux Malheur, le célèbre livre de Boris Cyrulnik, cette résilience de joie est comprise non comme un acquis mais comme une discipline farouche et un travail constant, sur soi et sur le monde. Car selon les propres termes d’Abdul Rahman Katanani, l’occupation commence en nous. Si on ne cherche pas à s’émanciper, on reste enfermé pendant toute la vie. Créer, pour l’artiste, est une forme d’évasion, pour lui comme pour les autres.

Cercles, 2016 100 x 100 cm fil de fer barbelé, fer à béton

Cercles, 2016 100 x 100 cm fil de fer barbelé, fer à béton

L’oeuvre d’Abdul Rahman Katanani est aujourd’hui en pleine (r)évolution. Il travaille sur le mouvement, sur des formes ouvertes telles la spirale, qui jamais ne commence ni ne finit vraiment, et le message désormais se glisse à l’intérieur même de la forme plutôt que de la dicter. L’enfant qui saute sur un trampoline qui est lui encore en fil de fer barbelé lie les oeuvres passées et actuelles de Katanani, la tôle ondulée et le fil de fer barbelé, la joie de l’enfant qui saute et l’effroi de l’imaginer retomber non pas à terre mais sur le fil de fer barbelé. «The best border is no border» écrit encore Katanani et l’artiste a raison: pas de limite à la vie, à la joie et à l’envol. Et pas de limite, non plus, à la souffrance infligée et subie. Ouvrons les frontières qui nous séparent… NO BORDER, FOREVER.

Dans le cadre du FIFDH, Barbara Polla présente mounir fatmi. Les murs de l’espace Hornung sont tapissés des photographies As a Black Man, inspirées de John Howard Griffin, journaliste blanc qui choisit de devenir noir, une transformation qui noircit son existence même. Sur ce fond angoissant de racisme persistant, la série Blinding Light apporte l’espoir, grâce à la greffe trans-raciale et trans-culturelle.

Galerie Analix Forever
2 rue de Hesse
1204 Genève
T. + 41 (0)22 329 17 09

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