Avec La Cure Prestige, Dior crée l’événement sensoriel de l’hiver. En compagnie d’Edouard Mauvais-Jarvis, directeur de l’environnement et de la communication scientifique de la maison, entrons dans un monde de pétales, de pipettes et de fraîcheur.

Interview Melina Staubitz

A  Saint-Jean-de-Braye se cache un bâtiment mystérieux, renfermant les secrets les mieux gardés du monde de la beauté. Hélios, haut lieu de recherche en cosmétologie du groupe LVMH, a ainsi abrité les blouses blanches de la maison Dior, aux petits soins pour la rose de Granville durant les dix dernières années. L’hybridant, l’étudiant, la choyant, ils ont œuvré pour découvrir en elle les propriétés qui ont permis de donner naissance à La Cure Prestige. A nom fastueux, produit fastueux: ladite cure, composée de trois flacons pour trois semaines de soin, est pensée comme une véritable renaissance pour la peau. Son pouvoir de réactivation des mécanismes de reconstruction tissulaire, elle le tire de l’huile de rose de Granville, l’ingrédient novateur et rare qui est à la base de la formule. Rare, parce que la fleur ne donne de l’huile que si elle est cueillie au moment précis de son plein épanouissement: cela ne laisse qu’une heure aux botanistes pour la récolte. Puis la magie continue d’opérer dans les laboratoires… Edouard Mauvais-Jarvis nous entraîne dans cet univers à la fois doux et complexe qu’est celui des fleurs favorites de Christian Dior et nous en dévoile les coulisses avec passion.

En quelques mots, comment décririez-vous l’identité scientifique de la marque Dior?
Notre peau a naturellement un capital de beauté, qui est à son summum lorsque nous sommes jeunes. L’identité scientifique de Dior se définit par l’action autour de ce capital, en trois étapes : il s’agit d’abord de protéger les structures clés de la peau, puis de favoriser les systèmes d’autoréparation pour enfin bloquer les facteurs externes d’accélération du vieillissement. Tous nos produits respectent cette trinité et sont pensés dans une logique de durabilité: nous visons plutôt le maintien que la réparation.

La rose de Granville est une rose résistante, qui fleurit dans des conditions qui sembleraient, au premier abord, hostiles. De quoi tire-t-elle sa force et sa résilience?
A l’origine rosier sauvage, la rose nommée aujourd’hui «de Granville» a gardé la résistance de ses débuts. Née dans un environnement adverse, elle arborait des roses petites et peu nombreuses, afin d’avoir plus de résilience face aux éléments auxquels elle était confrontée. C’est tout simplement le principe de la sélection naturelle ! Les hybridations que nous avons effectuées depuis ont toujours eu pour objectif de préserver cette résistance, à la source des propriétés cosmétiques de la fleur.

De quoi ont été composées les dix années de recherche consacrées à la rose de Granville?
A un travail d’hybridation, qui a vu naître sept générations de roses. En mélangeant l’ADN de plusieurs variétés de roses, il nous a été possible, petit à petit, d’obtenir des propriétés utiles à la cosmétique. Pour chaque bourgeon créé, nous observons notamment l’abondance, la résistance et la croissance. Nous opérons ensuite une deuxième sélection, fondée sur les molécules, puisque c’est l’activité biologique qui fait les critères cosmétiques. Durant ces dix années, nos chercheurs ont identifié 400 molécules, ce qui représente un travail de titan !

Avez-vous rencontré des difficultés lors de la production de La Cure?
Nous ne nous sommes pas heurtés à des difficultés marquantes. Bien sûr, la montée en quantité est toujours un challenge, surtout quand il s’agit de gérer de grands volumes de fleurs. Il est nécessaire de parvenir à une synchronisation parfaite, notamment pour la récolte des roses, qui doit se faire en une heure. La cueillette est manuelle, aucun outil n’existant pour remplacer la délicatesse de la main de l’homme. Cette année, la première floraison de la rose de Granville, qui normalement a lieu en mai, a été retardée par le mauvais temps d’environ trois semaines. Lorsque l’on travaille avec une ressource naturelle, il faut apprendre à s’adapter!

Le maître mot concernant la culture de la rose de Granville est le naturel. Vous parlez d’ailleurs de récolte manuelle… Pouvez-vous nous éclairer sur les conditions de culture?
La culture de la rose est bio : il serait impossible de faire autrement! On prélève des éléments de la fleur, elle doit donc impérativement être propre pour que l’extraction soit pure. Et puis, de toute manière, la rose de Granville est capable de se défendre elle-même, elle n’a pas besoin de pesticide.

Quel bienfait la rose de Granville apporte-t-elle à la peau, du point de vue du vieillissement cutané?
L’inflammation chronique de la peau est un des phénomènes provoquant le vieillissement cutané. En effet, si le processus de l’inflammation se veut réparateur – sa première phase destructrice est suivie d’une deuxième phase reconstituante (pensez à la cicatrisation !) –, la réalité est plus complexe : de petites lésions sont occasionnées en permanence sur notre peau, sans que la phase réparatrice ait le temps de se déclencher. Conséquence directe : le vieillissement cutané. La rose de Granville favorise la bascule de la destruction vers la réparation, à travers la combinaison de ses huit molécules uniques, qui a pour effet de booster tous les facteurs de régénération.

La Cure se construit sur trois semaines et trois flacons, qui correspondent à trois actions (réinitialiser – recréer – sublimer). Ces trois flacons renferment-ils des formules différentes?
Tout à fait: il s’agit de trois formules différentes, avec des doses différentes de nectar et d’huile de rose de Granville. La première phase réunit le nectar et l’huile, et vise à abaisser l’inflammation de la peau. La seconde a pour protagoniste l’huile – nouvel ingrédient développé à partir de la rose de Granville –
et a pour objectif de résoudre l’inflammation. La troisième phase, enfin, est centrée autour du nectar, pour stabiliser et sublimer le résultat. —

Ce contenu a été rédigé par Publié dans  BEAUTE, RENCONTRES par , Mots-clés:

A propos de l'auteur

Communiqué