De passage à Paris, le minois le plus bankable de Hollywood, Scarlett Johansson, est revenu pour nous sur son actualité, et notamment sur son dernier film, «Ghost in the Shell». Loccasion pour la sublime comédienne de se livrer sur son métier d’actrice et son premier rôle de jeune maman.

Par Nicole Real

Avez-vous des critères précis pour accepter un rôle ?
Non, il est difficile d’expliquer ce qui, au départ, m’attire vers un personnage. Comme j’ai l’esprit de compétition, pour chaque proposition, je me pose des tas de questions, et notamment celle de savoir si je suis vraiment la meilleure pour incarner le personnage. Par exemple, pour Ghost in the Shell, il s’est écoulé presque deux ans entre le moment où j’ai reçu la première ébauche du scénario et le moment où l’on a tourné le film.

Pourquoi cette hésitation ?
J’avais du mal à comprendre comment on pouvait transposer, sur grand écran, un personnage d’animation qui, finalement, était à lui seul un chef-d’œuvre. Je n’aurais pas pu m’impliquer dans une simple transposition de cet univers existentiel, froid et violent, car à l’époque, grâce à ma fille Rose, âgée de 2 mois, je découvrais les joies très prosaïques, mais tellement exaltantes, de la maternité.

Qu’est-ce qui vous a convaincue ?
Malgré tout, ce rôle me hantait et j’avais aussi envie de jouer avec Takeshi Kitano, dont j’admire le talent et l’humour. J’ai accepté parce que le film posait la question essentielle du rapport entre l’humain et la technologie, et comment gérer cette question fondamentale puisque, pour l’instant, aucune règle n’existe.

Comment percevez-vous votre métier d’actrice ?
Un acteur ressent une connexion spirituelle entre le corps et l’esprit et, pour moi, c’est primordial. Nous avons conscience que notre instinct est notre outil de travail le plus essentiel. L’instinct, le corps et l’esprit forment un tout. En séparant le corps et l’esprit, on provoque parfois des déconnexions avec la vie réelle. Le travail de l’acteur, c’est de ressentir les émotions, d’abord à travers son corps.

Le cinéma vous a-t-il aidée à mieux vous connaître ?
Oui, lorsque je tourne un film, j’apprends toujours quelque chose sur moi-même et sur mon travail. Je perçois mes limites en comprenant ce qui peut m’embarrasser, me gêner ou m’empêcher de progresser. Mais chaque tournage a conforté ma conviction profonde qu’il faut tourner avec des réalisateurs qui sont aussi des partenaires créatifs. Sans cette collaboration, le travail devient plus laborieux.

Incarner des superwomen vous amuse-t-il toujours autant ?
C’est vrai que, ces dernières années, j’ai joué plus souvent des personnages d’une force physique et émotionnelle exceptionnelle que des femmes glamour et sexy. Mais grâce à ma fille, qui m’oblige à courir toute la journée, j’ai acquis une certaine endurance pour incarner des rôles comme celui de Natasha Romanoff dans la saga Avengers !

Que trouvez-vous dans ces rôles de femmes d’action ?
En général, leurs performances physiques servent à révéler leur humanisme, qui est, souvent, le sujet principal du film.

Quel est votre planning pour cette année 2017 ?
Je viens de créer ma société de production et j’ai terminé d’enregistrer des chansons pour un nouvel album avec Pete Yorn, avec lequel j’avais déjà collaboré en 2009. Depuis avril 2017, j’ai aussi entamé le tournage d’Avengers 3 et 4.   

Etes-vous fière d’être actuellement l’actrice la plus bankable du cinéma américain ?
C’est une belle récompense et j’en profite, car être en haut de l’affiche ne dure qu’un temps, la concurrence est rude. D’une part, elle m’encourage à redoubler d’effort, en étant, dans mon travail, encore plus exigeante. D’autre part, cette notoriété me permet de soutenir des causes importantes pour moi, comme le planning familial aux Etats-Unis. Nous devons rester vigilantes, car les droits des femmes sont sans cesse remis
en cause.

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