SOL GABETTA

Par Manon Voland | Photo Julia Wesley

A demi dissimulée par son violoncelle, la jolie blonde au prénom prédestiné ne fait pourtant pas dans la figuration lorsqu’il s’agit de musique. Récompensée pour son talent dès l’âge de 10 ans, Sol Gabetta a parcouru le monde dès ses premiers pas, avant de l’arpenter à nouveau pour ses concerts. Née en Argentine de parents franco-russes, cette surdouée des cordes a fait ses classes à Madrid, Bâle et finalement Berlin, avant de s’établir dans son pays d’adoption, la Suisse, pour y enseigner. Un pays qui le lui rend bien, puisqu’elle s’y est vu remettre le Credit Suisse Young Artist Award en 2004, la propulsant sur la scène internationale. Cosmopolite à 100%, parlant six langues et sœur d’un habile violoniste, la musicienne peut compter sur son background hétéroclite pour appréhender les partitions des plus grands compositeurs, de Tchaïkovski à Haydn en passant par Elgar, dont le concerto pour violoncelle est son préféré. Cet instrument s’est d’ailleurs imposé à Sol Gabetta comme une évidence a à peine 4 ans, l’âge de la maternelle, lui rappelant la voix des choristes de sa petite enfance. La puissance sonore du violoncelle n’a d’égal que sa silhouette, qui épouse parfaitement le corps de la soliste, pour ne faire plus qu’un. Ce n’est sans doute pas pour rien que le viola d’amore est considéré comme l’instrument de musique le plus érotique. Une véritable passion lie en tout cas la violoniste à son partenaire à cordes, un Guadagnini de 1759 (!) valant près de 3 millions d’euros, prêté par une fondation privée. L’égérie du Gstaad Menuhin Festival depuis bientôt 10 ans est habitée, classique et classe à la fois, lorsqu’elle occupe la scène après avoir croqué un carré de chocolat noir, son rituel avant de jouer les virtuoses. La musicienne de 36 ans s’amuse de toutes ses cordes et a toutes les raisons d’être considérée comme la meilleure violoncelliste de sa génération, elle qui a même créé son propre festival de musique de chambre, le SOLsberg Festival, qui a lieu à chaque solstice d’été en Suisse. Car Sol Gabetta, c’est avant tout une artiste solaire. Elle doit d’ailleurs son prénom au Soleil lui-même, elle dont la naissance a relevé du miracle pour sa mère, après qu’elle eut perdu des jumeaux. Un astre tombé du ciel, aussi gracieux que talentueux, en sorte.  —

Ce contenu a été rédigé par Publié dans  CHOIX DE LA RÉDACTION, RENCONTRES par , Mots-clés:

A propos de l'auteur