Quand la légende de l’espace rencontre Trajectoire pour un entretien hors du temps, les étoiles brillent dans nos yeux éblouis. Rendez-vous avec Buzz Aldrin.

Par Nathalie Koelsch

Véritable héros des temps modernes, Buzz Aldrin n’en finit pas de séduire, du haut de sa légende et de sa gloire interstellaire. Ses 87 ans n’ont altéré ni sa prestance, ni ses souvenirs, ni son look d’aventurier, qu’il cultive avec brio, ni même son engouement pour les expéditions extrêmes. Ambassadeur pour Omega, il poursuit avec la célèbre marque horlogère son épopée spatiale à travers les événements que celle-ci organise autour du monde et fête avec elle les 60 ans de la Speedmaster, la montre qui l’a accompagné et qui a marché avec lui sur la Lune. Fringant et décontracté, Buzz Aldrin nous reçoit vêtu de son blouson de la NASA orné d’un écusson Apollo 11 et d’une cravate aux couleurs du drapeau américain. Entre les lourdes bagues en or qui couvrent ses mains et les multiples bracelets tibétains portés à chaque poignet, sa montre Omega attire le regard. Volubile, Buzz Aldrin réactive ses souvenirs, qu’il égrène avec émotion, et revit le bonheur de cette expérience inouïe et unique qui l’a entraîné sur la Lune en compagnie de Neil Armstrong et Michael Collins.

Buzz Aldrin, qu’est-ce qui vous a poussé sur la Lune ?
J’étais sans doute prédestiné à aller sur la Lune, car le nom de famille de ma mère est Moon ! Après l’académie militaire de West Point, je suis entré dans l’armée de l’air pour devenir pilote de chasse. A l’issue de la guerre de Corée, j’ai entamé un cycle d’études supérieures en ingénierie spatiale et décroché un doctorat en sciences astronautiques, avec une thèse sur les techniques de rendez-vous orbital entre vaisseaux avec équipage.

En 1961, lorsque le président John Kennedy lance le pari inimaginable que les Etats-Unis enverrait le premier homme se poser sur la Lune, il déclenche la plus fabuleuse compétition entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. La « course à l’espace » a immédiatement battu son plein et j’ai été rapidement recruté par la NASA, qui constituait les équipages de son programme Apollo. Grâce à mes diplômes, j’ai intégré le troisième groupe d’astronautes de la NASA et rejoint le programme Gemini.Mon rôle consistait à maîtriser les techniques nécessaires lors des missions Apollo, notamment celles du rendez-vous spatial et des sorties extravéhiculaires. Je me souviens avoir effectué mes premières sorties le 11 novembre 1966 dans l’espace relié à l’appareil par un cordon de 9 mètres, lors du vol de Gemini 12.

A la fin du programme, la NASA a sélectionné les astronautes qui partiraient sur la Lune et j’ai eu la chance de rejoindre la mission Apollo 11 comme pilote du module lunaire, avec Neil Armstrong comme commandant et Michael Collins comme pilote du module de commande.

Quelle aventure extraordinaire ! Comment s’est passé le premier pas sur la Lune ?
La mission Apollo 11 a décollé le 16 juillet 1969. Le 21 juillet, j’ai foulé le sol lunaire vingt minutes après Armstrong, pour y installer deux appareils scientifiques et récolter des échantillons. J’ai laissé sur le sol l’empreinte de ma chaussure, que j’ai photographiée, et qui a fait le tour du monde.

Les astronautes étaient équipés d’une montre Omega lors de leurs missions spatiales ?
Oui, la Speedmaster nous a accompagnés sur la Lune. Elle est la mémoire de cette épopée extraordinaire et symbolise les trésors d’ingéniosité qu’il a fallu développer pour aller dans l’espace. Je suis très fier de pouvoir célébrer avec Omega les 60 ans de cette icône. En 1957, la Speedmaster avait été conçue dans un tout autre but que pour aller dans l’espace. Comme son nom l’indique, elle était faite pour la vitesse et, lors de son lancement, son utilisation était prévue pour la course automobile plutôt que pour les vols dans l’espace. Mais à sa sortie, elle a tout de suite connu un franc succès auprès des pilotes professionnels et des aviateurs, qui la portaient avant même que la NASA ne la choisisse. Robuste, résistante aux fortes vibrations et aux chocs, d’une grande précision, elle répondait à nos besoins. A l’époque, c’était une vraie révolution en termes de design, de solidité et de fonctionnalité.

La Speedmaster a donc rejoint le programme Apollo en 1965 ?
En 1964, la NASA cherchait un chronographe pour ses missions spatiales habitées. La Speedmaster d’Omega a passé, avec quelques autres marques, toute une batterie de tests pour déterminer si ses qualités étaient adaptées à l’exploration spatiale. Seule la Speedmaster a été capable de résister aux vibrations, aux chocs, aux températures extrêmes, au vide impitoyable et, dès 1965, elle a pris place au poignet des astronautes du programme Apollo. C’était un instrument de secours, en cas de déficience de nos appareils. Sa précision a d’ailleurs sauvé la vie de l’équipage d’Apollo 13, qui sans elle, ne serait pas revenu sain et sauf sur Terre. Ce qui est incroyable, c’est que six décennies plus tard, la Speedmaster d’Omega est toujours utilisée pour toutes les missions spatiales habitées, et qu’elle équipe en permanence les astronautes de la Station spatiale internationale. Héritière du design d’avant-garde du modèle original, la Moonwatch actuelle est pratiquement la même que la montre conçue par Omega avant l’exploration spatiale. —

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A propos de l'auteur

Nathalie Koelsch
Un précieux joyau

Tout ce qui brille, c’est le domaine de Nathalie Koelsch. Experte en joaillerie et haute joaillerie, elle rencontre pour Trajectoire créateurs et designers.