A 44 ans, galvanisé par son succès francophone, Gad Elmaleh entend conquérir le public anglo-saxon. Souhaitons-lui de réussir, on le verra moins en Europe!

Par Julie Masson

Recevoir le « Gérard de la feignasse tellement décontractée du gland qu’elle recycle un de ses vieux sketches en film d’une heure et demie » n’est pas donné à tout le monde. Gad Elmaleh, lui, l’a fait. C’était en 2009, à l’occasion de la cérémonie des Gérard, qui distingue chaque année les pires réalisations du cinéma français. Gad venait de réaliser le film Coco en se basant sur son one-man-show
La Vie normale, créé en 2001. Seulement Chouchou, comédie insupportable dont ne serait-ce que l’affiche donne des boutons, reposait déjà sur un sketch du même spectacle. A trop vouloir tirer sur la corde…

156273256Ce trophée dédié à la médiocrité n’est pas le seul récolté par l’artiste au cours de sa carrière (heureusement !). Après avoir été nommé aux Brutus du cinéma en 2010 pour la réalisation du même Coco, le comédien décroche en 2012, entouré de ses compagnons de cordée du film Jack et Julie (Adam Sandler, Katie Holmes et Al Pacino), le Razzie Award du pire ensemble d’acteurs. L’année suivante, sa prestation catastrophique dans une pub pour LCL le place sous le feu des critiques de l’opinion télévisuelle publique. Sacrée accumulation, au point qu’il devient difficile de comprendre comment ce même homme a pu être fait chevalier, puis officier de l’ordre des Arts et des Lettres. Seraient-ce ses relations avec la royauté ? On n’en sait rien, mais parions que sa liaison avec Charlotte Marie Pomeline Casiraghi, de 15 ans sa cadette, fille de la princesse Caroline de Monaco, lui facilite parfois les choses. Car s’ils ne sont pas mariés, ils sont unis par les liens de la parentalité : déjà père d’un fils de 13 ans, qu’il a eu avec Anne Brochet, Gad a rempilé en 2013 avec la cavalière émérite pour une session couches-nuits blanches.

Décidément, son titre d’« homme le plus drôle de l’année » décroché en 2007 – la même année d’ailleurs que le NRJ Ciné Award du meilleur baiser, qui salue son échange buccal avec Audrey Tautou dans Hors de prix et dont l’intitulé se passe de commentaire – demeure incompréhensible. Ou alors, et cela semble plus réaliste, le public de TF1 qui lui avait octroyé jadis cette décoration tant disputée n’avait pas les yeux en face des trous en appréciant les performances de Gad. Ou alors (bis), cette même audience s’était laissé abuser par le petit air de « oh, je suis si drôle que je ne peux m’empêcher de rire de mes gags avec vous, et ce, même si je répète les mêmes vannes tous les soirs » affiché par Gad Elmaleh dès ses premiers stand-up. Insupportable tic de comportement que ces rires forcés du comédien face au public entre chacune de ses propres plaisanteries… Ces élus de la première chaîne française avaient également oublié, sans doute, qu’en 2000, Elmaleh n’avait eu d’autre meilleure idée que de s’associer à Dieudonné pour une chanson intitulée
« J’ai la haine »…

Satisfait de son succès en France, Gad Elmaleh, 44 ans, a décidé de conquérir l’Amérique. Il n’a pas affirmé prendre Omar Sy ou Jean Dujardin en exemple ; il n’en a pas la carrure. Mais leur réussite a-t-elle réveillé chez lui quelques envies démesurées ? Qu’à cela ne tienne, la réalité se chargera de lui faire ouvrir les yeux : pour sa première représentation anglophone, à Londres, 66 courageux spectateurs ont joué les cobayes. « Visiblement, peu de gens me connaissent du côté des Anglais, donc je dois démarrer doucement, a-t-il affirmé à Gala. Je suis complètement anonyme dans le monde anglo-saxon – ce qui est très difficile à gérer pour mon ego. » Le pauvre. Qu’il se méfie tout de même : son objectif est de « tout recommencer depuis le début ». Y compris les distinctions pour le meilleur du pire ? Affaire à suivre.

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