Après avoir chanté et tourné pendant quatre ans avec le groupe genevois Kadebostany, dont elle a en partie écrit les chansons, Amina Cadelli claque la porte pour se lancer dans un projet solo. Celui-ci s’intitule Flèche Love et épouse l’univers de la chanteuse de 25 ans.

Pourquoi êtes-vous partie de Kadebostany ?
Cela faisait un moment que l’envie de lancer mon propre projet me trottait dans la tête. D’autre part, je n’étais pas vraiment en accord avec l’univers de Kadebostany. Tout ce concept de pays imaginaire, alors qu’on vit une des plus grandes crises de réfugiés, l’imaginaire lié à la dictature, la sexualisation de la femme, sont à l’opposé de mes convictions et des mes valeurs.

Votre nouveau projet s’intitule Flèche Love, à quoi renvoie le nom ?
J’ai beaucoup réfléchi pour trouver le titre. Je n’ai pas eu d’illumination en me réveillant un matin. La notion d’amour dans le nom était essentielle pour moi car c’est ce qui me fait vibrer. Ensuite « flesh » en anglais renvoie à la chair, à quelque chose de charnel. J’ai envie de m’exprimer en tant qu’artiste et créer mon propre univers. Ce projet est le résultat de mon rêve d’enfant de vouloir changer le monde, ou au moins une petite partie. J’aimerais également parler de thèmes qui me touchent comme le statut de la femme et relier les gens entre eux.

Un projet solo donc.
Oui, c’est un projet solo, mais on ne fait rien tout seul. J’aimerais vraiment mettre en valeur les personnes qui collaborent avec moi. La notion de travailler « avec » quelqu’un et pas « pour » quelqu’un est essentielle à mes yeux. Je me suis entourée notamment de ma grande sœur, qui travaille sur le live et le logo, d’un cinéaste et d’un styliste dont je préfère taire les noms pour le moment. Mais ce seront essentiellement des artistes suisses.

Dans quel registre reviendrez-vous ?
En ce moment, je suis dans la phase de création, j’ai mille idées en tête donc je ne veux rien m’interdire. Il m’arrive de marcher dans la rue et de me mettre à chanter dans mon magnéto pour enregistrer une mélodie. J’ai une vingtaine de maquettes prêtes, mais je me laisse du temps pour savoir dans quelle direction je veux me lancer.

Plus concrètement ?
Ce sera un format chanson où on retrouvera ma voix. C’est assez expérimental pour le moment, il y aura notamment du rap. Je pense que certains qui m’ont connue chez Kadebostany vont détester, mais je prends le risque. Ce sera vraiment de la musique que j’aime et qui me ressemble.

Les textes seront en anglais ou en français ?
J’écris en anglais, ça me vient naturellement. Mais je n’exclus pas un titre en français. Je dois avouer qu’écrire en français est assez difficile ! En anglais ça sonne tout de suite bien. D’ailleurs, j’adore les artistes qui chantent en français comme Feu ! Chatterton ou Christine and the Queens.

Est-ce que vous avez peur que votre projet ne plaise pas ?
Je suis prête à prendre le risque. Il y aura toujours des gens qui écouteront, même s’ils ne sont que dix ! Bien sûr, je ressens une certaine pression, c’est normal et sain. Je pense à une citation de Charles Aznavour. Il a répondu à une chanteuse qui disait ne jamais avoir le track que « ça viendra avec le talent ».

Vous avez tourné pendant près de quatre ans avec Kadebostany, qu’avez-vous appris ?
J’ai appris le métier. J’ai eu une formation accélérée sur le fonctionnement de l’industrie de la musique. J’ai surtout compris ce que je ne veux pas faire, comment je ne veux pas travailler. Je ne veux pas mettre ma tête partout parce que c’est mon projet, mais mettre en avant les personnes qui y contribuent.

Un regret ?
De ne pas avoir tenu un cahier pour y noter tous mes souvenirs. Les choses sont allées tellement vite, surtout en tournée. J’aurais bien voulu pouvoir m’y replonger.

Votre plus belle rencontre?
Il y en a eu tellement que c’est difficile d’en choisir une. Je pense notamment à Olivia de The Do, Benjamin Clementine ou Mescalito que j’ai rencontré il y a un an et qui fait l’arrangement sur mon nouveau projet.

Lorsque vous repensez à ces dernières années ?
J’ai l’impression que ça ne m’est jamais arrivé. Je suis passée de la scène du Chat Noir à me produire devant un public de 10’000 personnes. Mais je n’ai pas changé qui je suis, c’est le plus important. Je suis juste Amina.

 

Page Facebook officielle de l’artiste.

A propos de l'auteur

Andrea Machalova
Grande chineuse

Andrea déniche les bons plans dans le dédale de ruelles genevoises comme d’ailleurs et distille les news culture, mode et design pour partager le meilleur sur le web.