Eclectique, caméléon, éternel curieux, tels sont les qualificatifs qui collent à la peau du jeune pianiste-compositeur Doryan-Emmanuel Rappaz. Musique à part, les passions il les cumule: physique quantique, arts martiaux, jeux vidéo, automobiles et horlogerie. En pleine préparation de son concert au Victoria Hall le 14 octobre, il pose un instant les partitions et se livre en quelques mots.

La musique?
J’ai commencé le piano à l’âge de 15 ans. Je me suis orienté naturellement vers le classique, qui pour moi est un art avec un grand A. J’ai pris très peu de cours au Conservatoire car très rapidement je me suis rendu compte que cette voie ne me convenait pas. J’ai eu le choix entre arrêter le Conservatoire et arrêter la musique, j’ai donc opté pour la voie autodidacte. Le moule traditionnel de la scolarité ne m’a jamais convenu, pourtant j’adore les études, j’adore m’instruire, mais je n’arrive pas à le faire avec la méthode scolaire. Je me suis entouré de gens, de bouquins, de partitions et j’ai suivi mon instinct.

La composition vous est venue naturellement?
J’ai commencé à composer à 17 ans. J’avais besoin de sortir de la sensation de refaire, j’avais envie d’avoir mon mot à dire. Composer me donne la sensation d’exister.

Qu’est-ce que vous ressentez quand on joue une de vos pièces?
La première fois qu’on a joué une de mes pièces j’ai eu la sensation de tomber dans le vide, comme si je faisais un saut à l’élastique. Avec le temps le vertige disparaît, la vie nous polit un peu les sens et le trac s’estompe, mais la passion reste intacte.

Face à la critique?
J’y suis très sensible, mais il faut distinguer la critique constructive. Il faut rester ouvert d’esprit et savoir écouter, sans se laisser détourner de son chemin et de ses convictions. Avec le temps on essaie de se détacher un peu, on se forge une armure, mais une mauvaise critique blesse toujours autant.

Une icône?
Je crois aux trois piliers fondamentaux de la musique classique, les 3B: Bach, Beethoven et Brahms. Beethoven est pour moi le Dieu de la musique, mais celui qui me touche et m’inspire le plus est Rachmaninov. C’est celui que j’ai le plus écouté, surtout ses concertos et ses symphonies. Je les ai écouté des milliers de fois sans me lasser, à chaque fois l’émotion revient.

Une œuvre en particulier qui vous a marquée?
Le Claire de Lune de Debussy. Elle m’a donné envie de commencer la musique classique. Ensuite il y a eu le 2ème concerto de Chopin, puis Rachmaninov. Pendant trois ans j’ai dû écouter le 2ème et 3ème concerto pour piano au moins 3 fois par jour.

Un rêve?
J’aime beaucoup la citation de Coluche qui disait que les rêves ne sont pas faits pour être réalisés mais pour être rêvés. Les rêves j’en ai plein, mais j’ai un peu une vie de rêve en ce moment. Après oui j’aimerais vivre éternellement pour suivre l’évolution de ce monde surtout vis-à-vis de la technologie et avoir le temps de toucher un peu à tout.

Doryan-Emmanuel Rappaz interview Un projet qui vous tient à cœur?
En ce moment je suis en plein dans les préparatifs du concert au Victoria Hall du 14 octobre. Ce sera une soirée consacrée à mes œuvres, qui seront jouées par les 45 musiciens de la Camerata Armin Jordan, composée des meilleurs musiciens de l’Orchestre de la Suisse Romande. Un rêve qui se réalise! Je tiens de tout cœur à remercier mon sponsor Byron Baciocchi Immobilier SA sans qui ce projet n’aurait peut-être pas vu le jour. C’est un très grand challenge qui demande énormément de préparation, les œuvre sont réorchestrées par Charles Frelon. Ce concert représente près de 10 ans de travail et des milliers d’heures d’écriture et de réecriture. On ne rencontre pas tous les jours des sponsors qui te font confiance à ce point-là. S’il y avait plus de gens comme lui il y aurait plus de développement dans l’art moderne. Ce projet m’a ouvert énormément de portes pour l‘avenir .

Une inspiration?
Tout m’inspire! Des grands compositeurs que j’aime, les romantiques de la période de Beethoven jusqu’à Mahlee, la nature, L’étranger de Camus, la Scandinavie est le pays qui m’as donné le plus envie d’écrire, changer de mode de vie, prendre un peu de distance. Mais quand l’inspiration n’est pas là il ne faut pas la chercher.

Votre style en quelques mots?
Sa patte personnelle il ne faut pas la chercher, elle vient toute seule. Il faut avoir un grand background pour pouvoir parler de style. J’ai 12 opus qui sont terminés, je ne suis pas sûr que si on prenait 12 pièces Chopin, on arriverait à définir sa patte.

Avez-vous douté?
Oui j’ai douté mais je n’ai jamais voulu faire autre chose. J’aime bien la sensation de doute, la conviction n’est pas forcément quelque chose de bon. Je n’ai jamais douté de la musique, elle a toujours été sur un piédestal par rapport à tout le reste. J’ai une conviction envers la musique mais pas forcément envers la mienne. Le doute n’est pas quelque chose que je m’interdis.

Une passion cachée?
J’ai plein de passions. Une passion qui me suit depuis que j’ai 6 ans sont les jeux vidéo. J’ai plus de 1500 jeux! Sinon je suis passionné par les sciences, l’astrophysique, l’étude de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, la physique cantique. Mais si je devais me reconvertir dans un domaine, je ferais du cinéma…

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A propos de l'auteur

Andrea Machalova
Grande chineuse

Andrea déniche les bons plans dans le dédale de ruelles genevoises comme d’ailleurs et distille les news culture, mode et design pour partager le meilleur sur le web.