Si on vous demandait de citer les dix plus grands méchants de l’histoire du cinéma, Javier Bardem trônerait fièrement aux côtés d’Hannibal Lecter, d’Alex DeLarge et du Joker. Impossible d’oublier son regard dément lorsqu’il lobotomise ses victimes à coups de pistolet d’abattage dans l’excellent thriller No Country for Old Men des frères Coen (2008).

Quatre ans et deux films de séducteur plus tard (Vicky Cristina Barcelona et Mange, prie, aime), c’était reparti pour un tour avec Raoul Silva, le vilain à la chevelure peroxydé dans Skyfall. Son physique imposant, 1m82 pour 84 kg, pousse les réalisateurs à dessiner sur son visage les traits du parfait truand. En ce moment, il est à l’affiche de Gunman, dans la peau d’un tueur à gages trahissant son ancien coéquipier. Mais Javier Bardem, c’est également le charme méditerranéen à l’accent espagnol. «Il paraît que les femmes me trouvent sexy. Je ne vois pas en quoi. Vraiment, je ne sais pas ce que j’ai de sexy», s’étonnait celui qui partage sa vie depuis 2007 avec la belle Penélope Cruz. C’est vrai qu’à les voir main dans la main, on se dit que le couple ressemble plus à la Belle et la Bête qu’à Barbie et Ken, mais peu importe.

Le cinéma, le petit Javi baigne dedans dès sa plus tendre enfance. Fils d’une comédienne et neveu d’un réalisateur opposant au franquisme, sa voie dans le cinéma est toute tracée. Pourtant, Javier se cherche et enchaîne les jobs les plus variés, passant du videur à l’écrivain, de l’ouvrier au strip-teaseur, et jouant même dans l’équipe nationale espagnole de rugby. Une capacité d’adaptation digne d’un caméléon, dont témoignent ses performances à l’écran comme ses nombreux prix – dont un Oscar et une étoile sur l’Hollywood Boulevard – récoltés en 26 ans de carrière. En plus d’être une célébrité, Javier Bardem est un homme réfléchi et engagé. Il produit en 2012 un documentaire dénonçant les conditions de vie du peuple sahraoui, s’insurge contre les bombardements israéliens et lutte contre le réchauffement climatique. «Ce serait incroyable si un film pouvait changer les choses! Mais c’est déjà beaucoup s’il contribue à faire réfléchir et à engager la discussion», confie-t-il. Javier Bardem: un symbole pour le cinéma espagnol et un exemple à suivre.

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A propos de l'auteur

Andrea Machalova
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