CEO de Les Ambassadeurs depuis avril 2011, Joachim Ziegler a reçu Trajectoire dans l’Espace Connaisseur de la nouvelle boutique de la rue du Rhône, à Genève. Il livre sans faux-semblant ses passions, sa philosophie de la vente et les spécificités de l’enseigne, où chaque vendeur est responsable d’une marque.

Texte Fabrice Eschmann > BIPH
Photos Niels Ackermann > rezo.ch

Trajectoire magazine suisse de luxe Niels Ackermann

Le 1er avril 2011, à 38 ans seulement, Joachim Ziegler prenait les rênes de la chaîne de boutiques Les Ambassadeurs. Diplômé de l’Université de Saint-Gall et du Gemological Institute of America (GIA), il a débuté sa carrière par un apprentissage d’orfèvre. Rencontre avec un passionné de beaux-arts et des métiers d’art.

Le métier d’orfèvre est plutôt rare. Pourquoi l’avoir choisi ?
J’ai toujours été fasciné par les beaux-arts, les métiers d’art et le design. Ce n’est pas tant la réalisation des bijoux que de les dessiner qui m’a attiré dans ce métier.

Mais vous travaillez aujourd’hui dans les montres…
J’ai commencé mon apprentissage en 1990. A l’époque, l’horlogerie était encore en crise. On ne parlait pas de métier d’art dans ce domaine. La bijouterie m’a paru plus évidente, plus vivante.

Ce n’est donc pas l’éclat de l’or qui vous a attiré!
Dans l’orfèvrerie, il existe une connexion directe entre le dessin et le produit: une fois le travail de design accompli, il est possible de passer à la réalisation sans attendre. Même si je préfère créer sur papier, je trouve ce lien essentiel. C’est ce côté artisanal qui me plait.

Et comment en êtes-vous venu à l’horlogerie?
Chez Gübelin, où j’ai travaillé onze ans, j’étais responsable de la production joaillerie. J’avais un certain nombre de dessinateurs sous mes ordres. De là à la vente et à l’horlogerie, il n’y a qu’un pas. Cela a été une évolution lente, je n’ai jamais fait de plan ou réfléchi au pas suivant. Nous sommes des produits de notre temps!

Faudra-t-il s’attendre, à l’avenir, à voir plus de joaillerie chez Les Ambassadeurs?
Les Ambassadeurs sera toujours avant tout une maison d’horlogerie. En revanche, nous ne vendons pas nécessairement que des montres ! Notre ADN, ce sont les pièces rares, leaders dans leur domaine, destinées aux collectionneurs. Nous proposons donc aussi des objets comme des coffres-forts magnifiques, des sabliers Ikepod ou des remontoirs automatiques. Et nous proposons également les créations joaillières de quelques-unes des marques les plus prestigieuses.

Quel est le portrait-robot de votre clientèle?
Elle est composée pour moitié d’étrangers – Russes et Chinois en majorité – et pour moitié de résidents suisses. Beaucoup de détaillants se concentrent sur le marché asiatique. Je trouve au contraire très important de conserver une base locale! Nos vendeurs ne sont pas tous Chinois, c’est une question relationnelle. Nous organisons encore des événements et des activités marketing sur le marché local.

Pourquoi Chinois et Russes viennent-ils acheter leur montre en Suisse, sachant que l’on en trouve dans ces pays-là également?
Nous offrons en Suisse un grand choix de pièces, une sélection très particulière, du fait de la proximité des marques. Il est possible d’organiser ici des visites de manufactures ou d’inviter les professionnels – designer ou horloger – qui ont participé à la naissance de leur montre. C’est évidemment très prestigieux pour ces clients.

Vous représentez actuellement une trentaine de marques. Avez-vous l’intention de faire évoluer cet assortiment?
J’ai déjà procédé à quelques petits changements, mais ils ne sont pas significatifs. Je vais en faire d’autres. Je dois cependant attendre de connaître un peu mieux la maison, la sentir, me plonger dedans…

Quels sont les critères auxquels doit répondre une marque pour être choisie par Les Ambassadeurs?
Il n’y en a pas, cela doit venir de l’estomac. Pour cela, je fais confiance à notre équipe de vente. Chez nous, ce sont les vendeurs qui achètent les montres. Chacun est responsable d’une marque. Eux seuls sont en contact direct avec la clientèle et le produit. Ils sont donc très bien placés pour savoir ce que la première veut et ce que le marché offre. Nous investissons d’ailleurs beaucoup sur les connaissances de nos collaborateurs, en leur offrant des formations, souvent au sein des marques. Chez Les Ambassadeurs, il y a un sureffectif de 10% dans la vente, justement pour laisser le temps d’apprendre!

Etes-vous fidèle à une marque?
En arrivant chez Les Ambassadeurs il y a une année et demie, je me suis acheté une Breguet. Et oui, je la porte régulièrement.

Quel est votre premier prix?
Chez Les Ambassadeurs, nous offrons un choix très large, susceptible de combler tous les goûts, allant des montres Longines aux créations de Greubel Forsey, avec une gamme de prix s’étendant de
1’000 Francs à plus d’un million de Francs.

Avez-vous des projets pour 2013?
Nous venons de refaire nos boutiques de Genève et Lugano et nous sommes en train de rénover celle de Saint-Moritz, qui sera inaugurée au début du mois de décembre. Puis ce sera le tour de celle de Zurich en 2013. Nous développons aussi une manière d’expérimenter les montres sur Internet. Enfin, nous allons consolider l’un de nos piliers les plus importants: le concept «Espace Connaisseur». Outre les salons exclusifs dans nos boutiques, nous organisons des soirées «Espace Connaisseur» et avons installé des vitrines «Espace Connaisseur» dédiées aux amateurs et collectionneurs de belle horlogerie, et dont la thématique change tous les mois. —

www.lesambassadeurs.ch

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A propos de l'auteur

Fabrice Eschmann
Gardien du temps

Journaliste spécialisé dans l’horlogerie, Fabrice Eschmann s’informe, sélectionne et interviewe pour que Trajectoire soit toujours en avance sur son temps.