Le 30 avril prochain, le département Bandes dessinées dArtcurial, proposera aux enchères un ensemble de pièces provenant de la collection personnelle du chanteur Renaud. Parmi elles, la double planche de fin dessinée par Hergé pour Le Sceptre dOttokar, publié en 1939 (estimation : 600 000 800 000 / 650 000 865 000 $).

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HERGÉ (Georges Remi dit), Le Sceptre d’Ottokar, aquarelle et encre de Chine, pour la double planche de fin de l’album publié en 1939 aux éditions Casterman, 39,5 x 60 cm (estimation : 600 000 – 800 000 € / 650 000 – 865 000 $) ©Hergé/Moulinsart 2016

Renaud a décidé de se séparer dune centaine d’oeuvres aux enchères, originaux, figurines et albums. Le chanteur explique: «Sil est passionnant de constituer une collection, à la recherche de la pièce rare, il est désespérant de constater quune fois achetés et lus, mes BD saccumulent, prennent la poussière, se meurent doucement.»

Renaud débute sa collection en achetant des albums « modernes », avant de découvrir chez un libraire belge, des oeuvres plus anciennes. Autant de livres quil avait pu parcourir dans son enfance. Il décide alors de rassembler une trentaine dalbums, les incontournables de sa jeunesse (Alix, Jerry Spring, Blake et Mortimer, Lucky Luke, et bien sûr quelques Tintin et Spirou), mais il devient rapidement «accro» à toute la BD franco-belge, selon ses propres mots: «Jétais un néophyte, jachetais tout et nimporte quoi, dans nimporte quel état et à nimporte quel prix.»

Ses albums ou planches préférés? «Je les aime toutes mais jai une tendresse particulière pour les planches dHergé, de Jijé, de Le Rallic et Calvo. Et, pour citer les plus modernes, jaime infiniment les planches de Manara, dEnki Bilal, de Walter Minus ou Yves Chaland. Sil y en a une que jaimerais posséder ce serait une planche du Lotus Bleu ou de Tintin au Tibet», répond-il.

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Détail – HERGÉ (Georges Remi dit), Le Sceptre d’Ottokar, aquarelle et encre de Chine, pour la double planche de fin de l’album publié en 1939 aux éditions Casterman, 39,5 x 60 cm (estimation : 600 000 – 800 000 € / 650 000 – 865 000 $) ©Hergé/Moulinsart 2016

Justement, Le Sceptre dOttokar prolonge le mimèsis né avec Le Lotus bleu: la Syldavie, paisible royaume dEurope centrale, est victime dune tentative dAnschluss de la part de sa très agressive voisine la Bordurie.

Hergé soigne la distribution des rôles, avec notamment les Dupond/t qui explorent des pistes improbables, ou la Castafiore avec sa première et déjà tonitruante apparition. Mais il accorde aussi beaucoup dattention à la mise en scène: il multiplie les rebondissements, les tours de passe-passe et les chutes qui donnent à cette fresque toutes les apparences dun opéra.

La double page de fin a été acquise par Renaud directement auprès de la veuve Le Rallic, chez qui Hergé a dessiné pendant les années de guerre. « À lépoque, elle me la céda pour 100 000 F. Cétait là la plus importante dépense de toute ma collection. Mais je ne regrette rien!», raconte-t-il.

Tout au long des cases, la ligne claire fixe sur la feuille les mouvements qui donnent corps aux personnages et au décor: les Dupond/t avec une nouvelle maladresse, lhydravion élément emblématique du récit, la case de fin ornée de son blason… Il ne faut pas oublier la discrète apparition de Tintin et Milou qui clignent de l’oeil, en direction du lecteur. Renaud détaille: «Il ny a que peu de dessins de Tintin sur cette planche, beaucoup de Dupond/t mais ce clin d’oeil, comme tout lecteur je pense, je lai pris pour moi.»

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