Aux Etats-Unis on l‘idolâtre, en France on critique tous ses faits et gestes. Ses détracteurs l’inculpent de plagiat, le trainent en justice, réduisant ses succès à une formule grand public simpliste et sans intérêt. Jalousie ou critique fondée ?

Sa réputation d’éternel râleur, son aspect peu soigné, son jusqu’au-boutisme et son penchant pour les t-shit-baskets ne jouent pas en sa faveur. « Dans une forêt, c’est toujours l’arbre qui pousse le plus haut qui se prend la foudre », avait rétorqué Luc Besson face aux accusations. Son dernier film Lucy sorti dans les salles helvétiques début août a fait un carton plein, pourtant les attaques fusent. Il semblerait qu’en France on n’aime pas ceux qui brillent, cherchant la petite bête pour mieux les faire tomber. Plus la réussite est spectaculaire, plus la chute brutale. Pourtant Luc Besson n’a rien de celui à qui on aurait tout servi sur un plateau d’argent. Self-made-man et autodidacte, il est parti de rien et a construit en trente ans un véritable empire cinématographique : les studios EuropaCorp, la Cité du Cinéma à Saint-Denis, un César, quatre prix et 30 nominations. Adolescent, Luc se lance dans le cinéma en traînant sur les tournages, apprenant des techniciens et réalisateurs qu’il côtoie. L’école il y a que très rarement mis les pieds, passant ses journées pieds nus dans les Club Med entre la Grèce et les Balkans où ses parents sont moniteurs de plongée. Lorsqu’ils divorcent, Luc est placé en pension à Paris, un vrai électrochoc qui le marque à vie. Le cinéma sera son échappatoire. Son premier film Le dernier combat, réalisé à 24 ans, est primé au Festival d’Avoriaz et lance la carrière de Jean Réno. Découvreur de talents, c’est également lui qui retient Natalie Portman pour Léon, tout d’abord écartée du casting à cause de son jeune âge. S’en suit Milla Jovovich dans le Cinquième élément, une muse devenue sa 2è épouse. A 55 ans, marié pour la 3è fois et père de cinq enfants, Luc Besson semble apaisé, partageant son temps entre sa famille, ses productions et son école de cinéma. Alors qu’Hollywood lui sourit à pleines dents, il est peut-être le dernier amoureux de la France.

 

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Andrea Machalova
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