Par Julie Masson

A 47 ans, le nouveau chroniqueur de On n’est pas couché ne cesse de s’illustrer par ses déclarations fracassantes et souvent déplacées, une fois à droite, une fois à gauche (selon le premier pied posé au sol le matin). Chez Yann Moix, rien à sauver.

Il est des chanteurs inutiles. Des politiciens inutiles. Des môts inutiles. Des insectes inutiles, et même nuisibles. Et des écrivains inutiles, et même nuisibles. Comme Yann Moix. Le nouveau chroniqueur de On n’est pas couché ne sert qu’à cracher un fielleux venin dès qu’il ouvre la bouche. Quotidien, pour lui, rime avec outrage. Plaisir avec vulgarité.
L’auteur de Naissance, Prix Renaudot en 2013 – pavé de 1’300 pages salué comme l’émergence d’un nouveau genre ou alors décrié sans ménagement –, a d’ailleurs déjà lancé la polémique. «Je vais me défouler sur les essais de manière très tenace et pointue – y’en a qui vont morfler – et m’assouplir quand vont venir les créateurs – même s’ils ne sont pas bons», a-t-il déclaré dans
Le Point. On se réjouit de voir ce qu’il entend par assouplissement. Et comment il fera pour défendre un créateur médiocre, si vraiment il tient parole. M. Je-sais-tout a également avoué réviser, en prévision de ses futures prises de bec, l’économie et la géopolitique, mais pas l’histoire.
«Je n’en ai pas besoin», lâche-t-il dédaigneusement.
Faut-il lui rappeler que ses frasques passées laissent présager du contraire? En 2010, il a publié une chronique assassine envers la Suisse, dans laquelle il traite le pays de «pute», de «Gestapoland», de «fondamentalement antisémite», et ses citoyens de « mous salauds ». Il ajoute que la Suisse n’est « jamais concernée, jamais impliquée, jamais là quand on a besoin » d’elle. Un savant en histoire peut-il réellement tenir ces propos? Cher Monsieur Moix, êtes-vous si certain de maîtriser votre sujet en lançant de telles déclarations au pays fondateur de la Croix-Rouge, ardent défenseur de la paix et engagé dans la neutralité? Ou n’est-ce qu’une fois de plus la démonstration de votre mauvaise foi crasse et
dégoulinante?
Cherchant sans cesse à se faire remarquer par des idées déplacées qui changent au gré des vents, il a clamé haut et fort qu’être à table en famille était déjà de l’inceste, que les parents biologiques ne devraient jamais pouvoir élever leur propre progéniture, le seul modèle devant exister étant celui de l’adoption. Le pauvre ne supporte pas de se retrouver aux «rassemblements d’ADN» (les familles), n’aura jamais d’enfants (heureusement!) et passe de femme en femme pour tester différents corps… Délicat, l’homme! Et si excessif qu’il en devient presque à plaindre. Bougon et geignard, il ne peut réaliser qu’il passe peut-être à côté de la vie, coincé qu’il est dans son caniveau à cause de ses œillères glauques.
A 47 ans, Yann Moix a déjà mangé à tous les râteliers. Littérature, cinéma, chroniques, auteur de chansons, de bandes dessinées satiriques. Toujours dans l’extrême. Outre sa misogynie, Yann Moix attise la haine : en 2010 (quelle année!), il signe une pétition visant à abroger la loi Gayssot au côté de Dieudonné, expliquant ensuite avoir été abusé par la nature de cette supplique. Ô toi, grand Yann Moix donneur de leçons, docteur en histoire, tu te serais laissé berner par un texte visant à abolir la loi antiracisme? A d’autres! Un coup d’un côté, un coup de l’autre, tu l’as dit toi-même : un matin tu te réveilles les idées à droite, le lendemain elles ont viré de bord. Tu ne sais pas sur quel pied danser, emprisonné dans la méchanceté que tu t’es donnée pour genre. Et si, là dessous, bien caché, très enfoui, sommeillait encore le garçon à l’enfance difficile ? Et si toute cette mascarade n’était qu’un moyen de te défouler de tout ce que tu as vécu jeune enfant ? Impossible de le savoir. Et sans doute que l’on n’a pas envie de creuser non plus. Dans sa chronique de 2010, Yann Moix dit haïr la Suisse. Qu’il ne se fasse aucune illusion: on n’en pense pas moins. —

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