Choisie comme ambassadrice par la marque Lierac pour sa gamme de soins Premium, l’actrice franco-britannique en profite pour faire une pause. Rencontre à Paris avec une femme accomplie.

Interview Marie-France Longerstay | Photos Jan Welters

On la savait belle, on la découvre rayonnante, malgré une journée bien remplie, entre un shooting pour un magazine glamour et quelques interviews, dont la nôtre, en exclusivité pour la Suisse. Chemise en jean, jupe fleurie, coiffure et maquillage juste assez apprêtés, Kristin Scott Thomas se réjouit de n’en faire qu’à sa tête. Sans projet précis, après avoir triomphé sur les planches, à Londres, dans le rôle de la Queen Elisabeth II, celle-la même qui l’a anoblie en 2015. « J’ai bossé comme une folle durant un an, je me sens libre. Je n’ai plus rien à prouver, c’est très bien. »

Malgré les déclarations de bonnes intentions sur l’âge « qui n’a plus d’importance » ou « la cinquantaine triomphante », pensez-vous qu’il existe encore un ostracisme de l’âge, surtout dans ce métier de comédienne ?
Bien sûr, et partout. Ce qui est énervant lorsqu’on se sent plus belle, plus sereine que quelques années plus tôt, c’est de constater qu’à partir d’un certain âge, vous disparaissez. Vous n’existez plus, dans la rue on vous bouscule. J’ai heureusement eu une carrière exceptionnelle. Car récemment, je n’ai rien trouvé au cinéma qui me séduise. J’ai été très tentée par deux projets, mais je n’ai pas été acceptée, car jugée trop vieille. Je préfère ne pas les citer, car les films ne sont pas sortis.

Kristin Scott ThomassAu théâtre, la situation semble différente ?
Oui et c’est ce qui me ravit. J’en ai fait beaucoup à Londres, en interprétant des personnages extraordinaires. Avec l’âge, on aspire à des rôles intéressants, où l’on n’est pas occupée à servir la soupe à un homme. Regardez Nicole Kidman : elle aussi joue à Londres en ce moment.

Si vous deviez retenir quelques films dans votre carrière…
Le Patient anglais, par exemple ?
Bien sûr, mais aussi Partir, de Catherine Corsini, L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux et, une comédie que j’aime bien, Des saumons dans le désert. Tout ça, c’est vieux ; j’ai envie de faire rire à présent.

Est-ce le rôle ou le réalisateur qui vous décide à accepter un projet ? Y a-t-il encore des réalisateurs avec lesquels vous aimeriez travailler ?
Maintenant, c’est le réalisateur. Exclusivement. Je le juge en fonction de son travail, mais aussi de la rencontre, parce qu’il a beau être génial, il faut aussi qu’on puisse se supporter. J’ai encore plein d’envies, bien sûr : les frères Coen, Wes Anderson, quelques Belges, excellents.

Dans votre décision de faire une pause, peut-on aussi parler de lassitude ?
Je connais très bien ce métier. Où me placer, où se trouve la caméra. Techniquement, cela ne pose plus aucun problème. Et j’aime le défi technique. Au théâtre, il existe ; au cinéma, non. Ce qui m’importe, c’est de capter l’attention des gens durant deux heures ou un peu moins.

Dans votre métier, le physique est important. Dans une interview, vous avez déclaré que vous vous sentiez « comme un vieux chiffon ». Difficile à admettre dans votre bouche !
Le problème de certains journalistes est de retirer une phrase de son contexte. J’ai évoqué cela à propos d’une sœur qui, même en T-shirt et en jean, reste sublime, alors que moi je suis alors sans intérêt.

On vous prête aussi des propos relatifs à l’antisémitisme français qui vous pousserait à quitter la France.
N’ai-je pas raison sur la montée du racisme et de la xénophobie ? Mais je n’ai jamais dit que les Français étaient antisémites. J’ai, en effet, exprimé ma crainte. Le journaliste a été malhonnête. Il a traduit un article paru en Angleterre sans comprendre les subtilités du langage. Il est difficile d’être optimiste pour le moment, mais j’essaie de garder la tête froide et de faire confiance aux gens. Je ne suis pas politicienne, mais il est clair que la situation économique n’aide pas à lutter contre les préjugés.

Kristin Scott ThomassMère de trois enfants, qu’avez-vous essayé de leur transmettre ?
L’honnêteté. Ne pas mentir. Même si je suis payée pour ça, je déteste le mensonge. Faire les choses jusqu’au bout, même si c’est compliqué car je ne suis pas un bon exemple. Je m’ennuie très, très vite. D’avoir le courage de suivre ses envies et de se dépasser. J’ai été une mère totalement laxiste (rires), mais me suis beaucoup occupée d’eux. Je jonglais en permanence entre mes emplois du temps, car je voulais qu’ils grandissent en Europe. Hannah est journaliste, mon fils Joseph est comédien. Georges, le petit, est lycéen ici, à Paris.

On sait que vous n’acceptez pas aisément de représenter une maison. Comment la présidente de Lierac, Farida Daoud Almodovar, vous a-t-elle convaincue ?
Personne ne va le croire, mais je connaissais bien la marque. En fait, depuis trois ou quatre ans, je suis déjà son ambassadrice sans qu’elle le sache. Je l’ai beaucoup recommandée à mes amies. Quand Farida a contacté mon agence, j’ai été enchantée, car j’adore leur soin anti-âge Premium.

Vous avez une routine de beauté?
Je gagne ma vie grâce à mon physique, il est donc très important que mon visage reste lisible, clair, que mes émotions passent. Si je n’utilise pas une crème hydratante, je me sens mal. J’ai la peau qui tiraille. Je suis fidèle à plusieurs parfums – dont deux de Guerlain –, mais cela change avec le temps. —

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A propos de l'auteur

Marie-France Longerstay

Experte en beauté, Marie-France Rigataux est aux petits soins avec nos lecteurs. Crèmes, soins, parfums, maquillage, tout est testé ainsi avec elle, plus rien n’aura de secrets.