Champion du monde du combiné et titulaire de 24 victoires en Coupe du monde, Alexis Pinturault se place au sommet du ski alpin français. Trajectoire a rencontré sur les pistes ce champion soutenu par Richard Mille depuis plusieurs années.

Dès ses 2 ans, il commence le ski près de l’hôtel familial Annapurna à Courchevel, où ce sport trouve sa place dans le cursus scolaire normal et c’est chez lui – comme ami de la marque Richard Mille – qu’on le rencontre. Après avoir délaissé le foot, c’est à 15 ans que le jeune Alexis se prend au jeu et fait le choix de passer l’été sur les bancs de l’école pour avoir plus de temps à consacrer à l’entraînement l’hiver. Une progression régulière, presque sans éclat, l’emmène en Equipe de France et aux Championnats du monde junior. En 2009, la victoire devant (déjà !) l’ogre autrichien Marcel Hirscher lui fait entrevoir la possibilité de réussir au plus haut niveau: «Avec ce titre, j’ai pris conscience de mon potentiel. En continuant à m’impliquer et à travailler, je pourrais certainement arriver à gagner en Coupe du monde.»

Les années suivantes voient ses efforts concrétisés par plusieurs podiums. Il rentre dans le cercle des vainqueurs en Coupe du monde à partir de 2013. Véritable marque de fabrique de son talent, il gagne dans toutes les disciplines techniques: en slalom, en géant et super-géant; ce qui fait de lui une référence évidente pour le combiné, dont il remporte en 2019 le Championnat du monde à Are, en Suède. Cette polyvalence implique un effort conséquent, qu’Alexis a intégré dans son programme : «Cela demande beaucoup de temps à l’entraînement et il faut faire des choix et souvent faire des doubles séances. En fait, il faut travailler la technique et la gestuelle de chaque discipline individuellement; on ne peut pas se dire que le super-G va aider pour le slalom, par exemple.»

De fait, aux victoires en Coupe du monde s’ajoutent les globes de cristal du combiné et deux médailles olympiques. Que manque t-il donc au super champion pour asseoir un peu plus sa popularité ? Une médaille d’or aux JO? «C’est sûr que le ski est un peu moins médiatisé qu’à une certaine époque ; il y a aujourd’hui beaucoup de spécialisation dans les médias, alors que le titre olympique est universellement reconnu et dépasse largement le cadre du sport.»

 

 

Cette quête du Graal impose une remise en cause perpétuelle et une constante recherche de la perfection. Bien aidé en cela par une garde rapprochée dédiée à son service, composée d’un préparateur physique, d’un entraîneur, d’un technicien ski et de son épouse, qui est aussi son attachée de presse, Alexis avoue un besoin de progresser en slalom sur les neiges salées (comprendre par temps doux) et en géant pour plus de régularité.

Si le champion ressent le besoin de parfaire encore sa technique, quel est son secret pour cumuler les victoires là où d’autres se contentent d’un coup d’éclat dans une carrière ? «On peut parler d’un état de grâce lorsque cela n’arrive pas très souvent; pour ma part, j’ai beaucoup de courses où j’arrive à être très concentré sur le moment présent ; le corps est relâché et on oublie tout le reste. Presque à chaque fois que j’obtiens un bon résultat, je skie de manière instinctive et libérée.»

Au-delà de l’aspect technique et physique, la préparation des skieurs de haut niveau s’accompagne d’un travail conséquent du mental. Visualisation, exercices de respiration pour ajuster le niveau de concentration, équilibre, réflexes, la panoplie est complète lorsqu’il s’agit de se jeter dans les descentes glacées à l’affût du moindre centième de seconde : «On agit beaucoup par réflexe, par réaction.

A ce niveau, la connaissance de soi et la préparation mentale sont décisives pour rester positif dans toutes les situations!» Doté d’une confiance absolue conjuguée à une performance hors norme sur tous les terrains, et déjà vainqueur en géant dès la manche d’ouverture, Alexis se place cette année en favori pour remporter le «gros» Globe de cristal, récompense du vainqueur du classement général de la Coupe du monde de ski alpin.

SCHUSS !

 

 

Le champion porte la RM 67-02 de Richard Mille

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Stéphane Lechine