De la Terre à la Lune!

Aujourd’hui on ne pose plus la question de savoir si Omega est une marque connue. On se demande plutôt si on trouve encore des endroits dans le monde où elle n’évoque rien! La marque biennoise a non seulement conquis le cœur des femmes, mais est aussi devenue une formidable machine à gagner. Son président, Stephen Urquhart, raconte.

Texte Eric Othenin-Girard

Trajectoire magazine suisse de luxe Stephen Urquhart Omega

Piloter un bateau comme Omega, avec le succès que l’on sait, demande une parfaite connaissance du milieu. Citoyen britannique et suisse, né à Trinidad, Stephen Urquhart est en internat en Angleterre lorsque, au début des années 60, il obtient le droit d’entrer dans une prestigieuse université britannique. Mais voilà, il n’a que 17 ans, il lui faut patienter un an de plus avant de pouvoir y étudier. Son directeur d’école lui suggère de le passer en Suisse, pour y parfaire un français qu’il a déjà étudié.

Vous l’avez donc écouté?
Absolument, et ce qui ne devait être qu’un voyage de douze mois s’est transformé en une vie entière. Vous savez, je suis un peu comme les familles des collections
d’Omega toute mon activité professionnelle s’est inscrite dans la durée. La marque que j’ai le plaisir de présider depuis 1999, fut, il y a 30 ans, mon premier employeur, au sortir de mes études d’économie à l’Université de Neuchâtel. J’y suis entré au département communication, et j’ai eu la chance de participer à la première intégration de la marque dans la holding qui deviendra Swatch Group.
En 1969, Omega décroche la lune avec la Speedmaster. Comme, à l’époque, j’étais l’un des rares anglophones de l’entreprise, je me suis retrouvé dans un bureau à Bienne, écouteurs sur les oreilles, suivant en direct les conversations entre Neil Armstrong et Buzz Aldrin, guettant les allusions à la Speedmaster. C’était un moment extraordinaire.

Quelques années plus tard, vous avez rejoint Audemars Piguet, où vous avez passé 23 ans.
J’ai fait ma carrière entre Bienne et Le Brassus. En 1997, je suis entré chez Blancpain, avant que Monsieur Hayek Senior me confie Omega. Sous l’impulsion de Nicolas Hayek, de grands chantiers ont été mis en place. Il s’agissait de remettre en valeur les quatre familles de la marque et de mettre en piste le nouvel échappement Co-Axial.

Quelle a été la suite du nouvel échappement Co-Axial?
Nous avons construit près d’un demi-million de mouvements mécaniques co-axiaux. Désormais, tous les mouvements mécaniques construits par Omega sont équipés du célèbre échappement, sauf bien entendu les montres de la Lune. En effet, la Speedmaster originale était, et est toujours équipée d’un mouvement mécanique à remontage manuel, car, dans l’espace, il n’y a plus assez de gravité pour permettre à une masse oscillante de tourner et de fournir ainsi l’énergie destinée à la marche du mouvement. Aujourd’hui encore, nombre de puristes veulent la même montre que celle qui rejoignit la Lune au bras des astronautes. Bien sûr, pour celles et ceux qui n’attachent pas d’importance à ce facteur, la Speedmaster est également disponible avec l’échappement co-axial.

C’est ce même échappement qui équipe la Ladymatic, cette nouvelle montre féminine.
Effectivement, et elle correspond parfaitement au désir de très nombreuses femmes qui, contrairement aux idées reçues, souhaitent pouvoir disposer d’un beau mouvement mécanique avec une ou deux complications intelligentes, surtout quand la montre a été spécifiquement développée pour elles. Cela étant, le succès se construit sur le long terme. Il faut savoir fixer des objectifs, les tenir avec rigueur sans varier de cap afin de récolter les fruits des efforts consentis.

Ce long terme se construit bien sûr par étapes.
C’est évident. Pour illustrer mon propos, je citerai d’abord la famille Constellation. Elle existe depuis 1952, et son design actuel, si typique avec ses quatre griffes, a vu le jour en 1982. C’est une montre qui a fait le tour du monde avec toujours autant de succès et dont l’ambassadrice Cindy Crawford a assuré la réputation. Mais il n’y a pas que des collections réservées aux femmes qui font la réputation d’une nouveauté, les pièces masculines également, car nombre de femmes aiment porter ces montres-là. Ainsi, la Speedmaster, qui fut créée en 1957, la Seamaster, presque dix ans auparavant. C’est une montre mythique, un mélange de sport et d’élégance, portée par James Bond depuis 1995. Quant à la De Ville, créée en 1967 et axée sur la technicité, elle a été, il y a une dizaine d’années, la première à accueillir le nouvel échappement co-axial. Nos familles de montres ont donc presque toutes atteint le demi-siècle.
Trajectoire magazine suisse de luxe Stephen Urquhart Omega Ladymatic

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