La légende veut que Nicolas Flamel ait découvert la pierre philosophale qui lui aurait permis de transmuter le plomb en or… La réalité d’aujourd’hui, c’est que Richard Mille, lui, fait bien de l’or en transformant guimauves et sucettes en montres de collection… Et pour lui, l’alchimie consiste en une bonne dose d’anticonformisme, un brin d’audace, beaucoup d’huile de machines et pas mal de savoir-faire !

Après la surprise lors de la présentation de la collection Bonbon de Richard Mille lors de son dernier SIHH en janvier 2019, j’ai eu l’occasion d’aller visiter la « bonbonnerie » aux Breuleux… ou plutôt devrais-je dire la manufacture puisque le sucre n’a pas vraiment sa place au milieu des CNC ou dans les ateliers où les horlogers s’appliquent à assembler ces petits bijoux acidulés…

Pour arriver au résultat final, gourmand au point où on en aurait envie de croquer la montre, il y a énormément de travail. De R&D d’abord autour des matériaux, des teintes, des finitions… puis de production et finitions pour en arriver au résultat final.

Les boîtiers tout d’abord ont nécessité beaucoup de développement pour trouver la bonne matière correspondant au bonbon, qu’il s’agisse des céramiques ou des boîtes en Carbone TPT®. Cette matière inaltérable utilisée notamment pour la coque d’Alinghi est une exclusivité Richard Mille. Si elle permet de superposer des couches de couleurs à l’infini, il n’aura pas fallu moins d’un an de développement pour obtenir la couleur turquoise de la montre RM 07-03 Automatique Myrtille…  sans compter le temps d’usinage de ces matériaux ultrarésistants pour lesquels il faut remplacer les outils toutes les 20 pièces…

Côté mouvement, c’est paradoxalement ce qui semble le plus facile pour cette série de montres bonbons, tant la mécanique de haut vol est maîtrisée chez Richard Mille. Les différents mouvements utilisés ici sont des calibres maison dont le degré de finition, l’assemblage et le réglage susciteraient l’admiration partout ailleurs. Mais la prouesse, sur ces montres vient d’ailleurs…

Le plus gros challenge de cette collection réside dans ses cadrans. La réalisation de tous ces minuscules éléments de décors et leur intégration finale de sorte à ce qu’elles résistent aux crash tests que Richard Mille fait subir à l’ensemble de ses montres…

 

 

Comment les artisans émailleurs ont-ils fait pour réaliser ce cadran si réaliste de la montre RM 07-03 Automatique Marshmallow, en émail grand feu, bombé et structuré pour lui donner cet aspect si particulier de guimauve ? Quelle minutie il aura fallu aux artisans pour que les fruits, sucettes et autres sucreries me fassent saliver !

En conclusion, on ne peut que tirer son chapeau devant la prouesse de ce magicien horloger qui sera parvenu avec quelques montres exceptionnelles à réveiller les souvenirs gourmands liés à l’enfance qui sommeillaient en moi… j’en salive de plaisir.

A propos de l'auteur

Philippe Perret du Cray