Taro Izumi (Résident 2017 SAM Art Projects)
et Mel O’Callaghan (Lauréate du Prix SAM 2015)
03 février – 08 mai 2017

 

Alors que l’installation monumentale Mer intérieure de Rodrigo Braga (Brésil, résident SAM Art Projects 2016) trône toujours sur le bassin de l’esplanade située entre le Palais de Tokyo et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, deux nouvelles expositions coproduites par SAM Art Projects et le Palais de Tokyo investissent le Palais à partir du 3 février prochain, dans le cadre de la saison En toute chose conçue par Jean de Loisy et l’équipe des curators.

SAM Art Projects soutient Taro Izumi en finançant sa résidence à Paris, à la Cité Internationale des Arts, l’an dernier, et en coproduisant avec le Palais de Tokyo sa première exposition personnelle d’envergure en France.

Taro Izumi, Fish-Bone-Hanger, 2010 installation view MOT Collection: Enter Here – What do you see? Museum of Contemporary Art Tokyo © KIOKU Keizo

Taro Izumi, Fish-Bone-Hanger, 2010 installation view MOT Collection: Enter Here – What do you see? Museum of Contemporary Art Tokyo © KIOKU Keizo

Taro Izumi est, au Japon, un artiste singulier. Il développe un monde qui s’exprime par des installations, des sculptures et des vidéos, dont les processus d’apparition sont liés à l’accident, au jeu, à la perturbation. Les installations qu’il construit à partir de ces hypothèses ludiques sont la source de formes, sculptures et peintures murales qui, souvent par l’absurde, deviennent des formes inattendues, extraordinaires, et qui déjouent avec humour nos habitudes artistiques et sociales. Par exemple, l’invention de supports composés d’éléments quotidiens – chaises, tables, tabourets, coussins – rapidement associés pour supporter un corps qui imiterait la détente ou l’impulsion d’un sportif en action, est à la fois un objet étonnant, une parodie des corps rêvés des héros du stade et un commentaire intéressant sur l’histoire du socle dans la sculpture. Dans un monde très normé comme l’est, par sa culture et son organisation sociale, le Japon, la mise en turbulence de la réalité, les bruits inattendus, les comportements paradoxaux, les situations performées qu’il met en scène, donnent l’impression d’être produits par des esprits malicieux qui se mêlent de nos affaires et se moquent de nos usages.

SAM Art projects soutient Mel O’Callaghan, lauréate du 7ème Prix SAM en 2015, en finançant le voyage de l’artiste à Bornéo l’an dernier pour réaliser son projet et en coproduisant son exposition avec le Palais de Tokyo.

Mel O’Callaghan, Dangerous on-the-way, 2016. Image extraite du film tourné à Simud Putih (Bornéo). Courtesy de l’artiste et Galerie Allen (Paris); Belo-Galsterer (Lisbon) et Kronenberg Wright (Sydney)

Mel O’Callaghan, Dangerous on-the-way, 2016. Image extraite du film tourné à Simud Putih (Bornéo). Courtesy de l’artiste et Galerie Allen (Paris); Belo-Galsterer (Lisbon) et Kronenberg Wright (Sydney)

Mel O’Callaghan – dont on a pu découvrir le travail dans le cadre de Nuit Blanche 2016 (sous la direction artistique du Palais de Tokyo) et au Palais de Tokyo à l’occasion de DO DISTURB 2, en avril 2016 – poursuit ici sa réflexion autour du rituel en tant qu’expression de la condition humaine, et des processus de transformation de soi qui naissent de la répétition inlassable de mêmes actions. Pour son exposition personnelle au Palais de Tokyo, Mel O’Callaghan s’est rendue dans le nord-est de Bornéo afin d’assister à la récolte traditionnelle de nids d’oiseaux, un rituel particulièrement périlleux réalisé deux fois par an par les populations Orang Sungai à plus de 120 mètres de haut – jusqu’au sommet de la grotte de Simud Putih, la «grotte blanche» de Gomantong. Mêlant sculpture, performance et vidéo, Dangerous on-the-way s’attache plus précisément à l’ecstasis que ce rituel peut permettre d’atteindre, cet état physique et mental décrit par la philosophie grecque comme le fait de «se trouver hors de soi».

Ce contenu a été rédigé par Publié dans  EVENT par , Mots-clés: ,

A propos de l'auteur

Communiqué