A 38 ans, dont vingt de carrière, Stress est un homme accompli, amoureux et reconnu pour son art. Rien à voir avec celui qui chantait encore quelques années en arrière sa haine contre Blocher. Sacré meilleur musicien romand par les Swiss Music Awards en février dernier, Andres Andrekson, de son vrai nom, a de quoi se réjouir, d’autant plus que son 7è album, sorti dans les bacs au mois de novembre, est un succès. Avant de prendre la route des festivals, dont le Caprices en avril, il revient pour Trajectoire sur son dernier album et parle de ses inspirations.

Qu’a-t-on envie de dire dans un 7è album, qu’on n’a peut-être pas dit avant ?
Je dirais qu’avec l’âge c’est plutôt la manière dont tu vois les choses qui change. Tu t’inspires des expériences passées. Tu changes, tu évolues, tu vois les choses différemment. Au niveau musical je pense que j’ai plus d’expérience, j’arrive mieux à mener ma barque.

C’est donc l’album de l’expérience…
Oui… Je n’en sais rien en fait !

Vous l’avez appelé tout simplement Stress, est-ce un retour aux sources? Une envie de simplicité ?
D’une certaine manière oui. Je voulais m’occuper simplement de la partie rap et laisser le chant aux autres. D’où le nombre de collaborations sur cet album.

stress_albumoutnowtEt cette pochette alors ? On dirait un samouraï sur un vélo. Que symbolise cette image ?
C’est un concentré de plusieurs choses. A la fin de la journée tu mets plein de concepts visuels ensemble pour créer une énergie inédite. Cette pochette représente une chose différente pour chaque personne. Je voulais mettre en contraste le passé et le futur, créer une autre dimension. C’est également un clin d’œil à mon entourage, ceux qui m’ont aidé à produire cet album.

Une volonté de casser les codes ?
Complètement. Aujourd’hui on vit à l’ère de l’image. C’était primordial d’avoir quelque chose de fort visuellement et pas simplement mon visage sur un fond.

Pourtant j’ai l’impression que depuis l’époque où vous chantiez « Fuck Blocher » vous vous êtes passablement assagi…
Je l’ai déjà fait une fois, si je le refaisais on me traiterait de récupérateur. Il faut savoir se renouveler pour rester crédible en tant qu’artiste. Aujourd’hui je fais quelque chose de beaucoup plus subtil, je suis moins dans la provocation frontale.

Vos albums précédents rimaient souvent avec une rupture amoureuse, en ce moment vous filez le parfait amour avec la top Ronja Furrer. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour cet album ?
Quand tu sors de rupture tu passes par différents processus, tu fais un grand travail sur toi-même. Même sans passer par une rupture, cet album est un résumé du travail que j’ai fait sur moi et de mon introspection.

Chris_1Il y a beaucoup de titres en anglais sur cet album, comme par exemple le premier titre « Love you when I’m high », est-ce une volonté de s’adresser d’avantage au public francophone qui préfère les artistes chantant en anglais ?
Non, ce n’était pas prémédité. Quand tu travailles avec des artistes qui chantent en anglais, pour prendre en exemple Pegasus ou Bastian Baker, c’est l’évolution naturelle des choses. La musique suisse s’anglophonise de plus en plus, la barrière de la langue est en train de tomber. Je pense que c’est une bonne chose. Le plus important est le titre sonne juste, peu importe la langue dans laquelle tu le chantes.

Dans le duo avec Nicole Bernegger on sent un clin d’œil à Amy Winehouse, c’était voulu ?
Ce n’était pas voulu, mais je ne vais pas le cacher, je suis un grand fan d’Amy. Je pense que Nicole a été beaucoup influencée par cette époque-là. Elle a dans le grain ce côté rétro et moderne à la fois.

Les chansons qui figurent sur l’album sont le résultat d’une sélection parmi une soixantaine de titres. votre copine avait son mot à y dire ?
Oui, elle a même mis un veto sur une chanson que j’aimais beaucoup. Mais elle avait raison, cette chanson n’avait pas sa place sur l’album. Je l’ai donc enlevée.

Un Stress à l’écoute donc…
Oui, je pense que c’est important d’avoir un bon entourage pour avoir un feedback sur ce qu’on fait. Un regard extérieur.

Dans les dates de tournée prévues, pas de passage à Genève ou à Lausanne, tu t’arrêtes au Röstigraben… tu boudes le public romand ?
Non, on va faire la tournée romande au mois de septembre. On n’arrivait pas à trouver des dates qui nous conviennent donc on a préféré décaler à plus tard.

Après avoir fait une publicité ventant les produits bio de la Coop, tu fais la pub pour une marque de voiture, il en est quoi de Stress ? Ecolo ou intéressé par l’argent ?
Ce qui m’intéressait dans cette publicité c’est qu’on parle de voitures sans les montrer. Il y a quelques années, on n’aurait pas pu imaginer ça ! D’ailleurs la publicité promeut les énergies renouvelables, elle est donc tout à fait en adéquation avec mes valeurs. Je conduis une voiture électrique, je chauffe ma maison avec une sonde thermique, je trie mes déchets. C’est tout à fait naturel. Je le fais dans la limite de mes capacités, sans que ça devienne un poids.En tant qu’artiste si tu choisis bien tes batailles tu peux changer certaines choses. C’est ce que j’essaie de faire.

Plus d’information et les dates de la tournée de Stress: www.stressmusic.com

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A propos de l'auteur

Andrea Machalova
Grande chineuse

Andrea déniche les bons plans dans le dédale de ruelles genevoises comme d’ailleurs et distille les news culture, mode et design pour partager le meilleur sur le web.